L'étonnant plan La Terra de Hochelaga
LA TERRA DE HOCHELAGA - L'EUROPE DANS LA COURSE AUX DÉCOUVERTES

Jacques Cartier
plan La Terra de Hochelaga
Giovanni Battista Ramusio
Les Indes Occidentales  

 

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LE BUCENTAURE DE VENISE

    LE BUCENTAURE

LE BUCENTAURE - Nom traditionnel de la grande galère d'apparat, luxueusement décorée et dorée, sur laquelle, chaque année, le jour de l'Ascension, le doge de Venise s'embarquait pour renouveler la cérémonie de son «mariage» symbolique avec la mer Adriatique. Arrivé à la passe du Lido, le doge jetait à la mer un anneau béni en disant : «Desponsamus te, mare nostrum, in signum veri perpetuique dominii» («Mer, nous t'épousons, en signe de souveraineté positive et perpétuelle»). L'origine de cette tradition remonte à la victoire remportée en 1117 par la marine vénitienne sur la flotte de Frédéric Barberousse.
Francesco Guardi - Venezia 1712-1793



 

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plan LA TERRA DE HOCHELAGA
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 Plan LA TERRA DE HOCHELAGA
Chose des plus surprenante, le plan La Terra de Hochelaga produit par Venise en 1556 reproduisit EXACTEMENT le présent mont Royal et les collines qui le composent. Ce plan constitue aujourd'hui pour le Canada une richesse patrimoniale inestimable.  L'auteur de ce plan, Giovanni Battista Ramusio, dans sa dédicace à son ami Fracastoro nous informe que ce plan provient des informations reçues de la France. "...j'ai reçu de ces honnêtes hommes français, en plus des quatre textes, quatre plans...." qui lui permirent de reproduire le récit de l'explorateur. Tout indique que l'on pourrait retrouver à Venise ces documents dont elle a bénéficiée pour rédiger son plan.

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La découverte du Canada
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"Mont Royal"
Entrée Jacques Cartier
Mont Royal
Indien Fort Lorette Bourgade indienne Hochelaga
Monographie
Le Mont Royal

Les Compagnons de Jacques Cartier-osbl
Entrée dans les Indes Occidentales

peintre: Paul-Émlie Borduas
La Montagne Sacrée

Les Compagnons de Jacques Cartier-osbl
Iroquoien de Hochelaga

illustration
J.-M. Phaneuf
The False Plan of Hochelaga
(extrait)

W.D. Lighthall
(Musée McCord)
HOCHELAGA
Bourgade
iroquoienne

Documents anciens
originaux

 

La bourgade iroquoïenne Hochelaga

Hochelaga et Lac aux Castors

Les documents bibliographiques originaux indiquent que cette bourgade iroquoïenne Hochelaga que Jacques Cartier visita en 1535 était sise dans la cuvette du mont Royal, à proximité du Lac des Castors. Le mot Hochelaga, mot amérindien, signifie “lac de castors”. Aujourd'hui, seul le parc Mont-Royal en prolonge le passé.


L'EUROPE REGARDE VERS LES INDES OCCIDENTALES

Devançant les Vénitiens occupés à l'exploitation commerciale des territoires de la Méditerranée de l'est, le prince Henri le Navigateur, Portuguais, de son château de Sagres, lance dès le XVième siècle, ses explorateurs à la découverte des "terres inconnues de la chrétienté". Des territoires nouveaux sont alors visités. Le Madère en 1425; les îles Açores en 1427; les îles du Cap-Vert en 1456; la côte d'Ivoire en 1470.... Au moment de l'exploration de Vasco de Gama, le miniscule Portugual reçoit du pape Alexandre VI le droit de partager le Monde avec l'Espagne.
En 1481, la bulle "Aeterni regis" divise le monde et alloue au Portugal toutes les terres situées au sud des îles Canaries. En 1493, puis finalement en 1494, le traité de Tordesillas porte au méridien 46° 37' ouest la limite des territoires alloués au Portugal. Grâce à cette limite, ce pays prendra pied au Brésil.
Plus au nord, le long de la côte Atlantique, François Ier fait fi de ce partage. Nobobstant ce que l'Espagne et le Portugal convenaient plus au sud, il décide de passer à l'action plus au nord. En 1524, il lance Giovanni da Verrazzano, un navigateur italien aventureux, explorer les côtes nordiques des "Indes Occidentales" (i.e. l'Amérique du Nord). Ainsi, ce dernier avec l'aide de groupes financiers de Lyon explore alors les côtes de l’Atlantique, en particulier celles de la région de New York (d'où le pont Verrazzano à New York).
Quelques années plus tard, en 1534 puis en 1535, François Ier décide de répéter l'aventure au delà des Terres Neuves. Peut-être y avait-il là une voie d'eau menant aux Indes. Pour ce faire, il choisit le Breton Jacques Cartier, marin expérimenté pour qui les Terres Neuves étaient un territoire bien connu.

EXPLORATION DE JACQUES CARTIER DES INDES OCCIDENTALES

C'est ainsi que sous mandat de François Ier, Jacques Cartier quitte un matin de printemps de l'année 1534 le port de Saint-Malo pour explorer les mers inconnues sises au delà des Terres Neuves. Le 24 juillet 1534, il plante une croix à Gaspé. Mais le besoin d'un retour en France avant les dangereuses mers d'automne le force de revenir à son port d'attache. Par ailleurs, les deux Autochtones dont il s'est emparé à Gaspé lui décrivent la grande voie d'eau qui s'ouvre à lui: la Rivière de Canada.
L'année suivante, il quitte à nouveau l'Europe à destination de la rivière de Canada (le Saint-Laurent) qu'il n'avait pu explorer. Été 1535, on le trouve dans la vallée du Saint-Laurent espérant atteindre Hochelaga. Il parvient la saison avancée à Stadacone, au royaume de Canada, puis décide de poursuivre sa route vers le Cathay. Les Indigènes s'y opposent, mais sans succès. Prévenu des hauts-fonds qui entraveront la voie fluviale, il décide d'utiliser le plus petit de ses trois navires, l'Hémérillon. Arrivé au lac Saint-Pierre, son navire ne peut passer. Il continue alors son périple à bord de ses barques. Le 3 octobre 1535, il parvient à Hochelaga. Ce sera le POINT HAUT de son exploration. D'ailleurs, Venise y portera grande attention dans son reportage en 1556 dans DELLE NAVIGATIONI ET VIAGGI.

Aussi, l'exploration de JACQUES CARTIER en 1535 à Hochelaga est fort semblable à celle de CHRISTOPHE COLOMB dans les Caraïbes quelques années plus tôt, en 1492. Tous deux venaient de pénétrer un continent inconnu que l'Europe appelait les "Indes Occidentales". Tous deux étaient à la recherche d'une voie d'eau conduisant au Cathay et au Cipango. Tous deux ne purent se rendre à destination. Un continent alors inconnu, l'Amérique, leur barrait la route.

Exploration des Indes Occidentales

LES AMERS DE JADIS

Alors que les dirigeants des pays d'Europe s'affairaient à trouver au delà des mers une voie vers les Indes, de leur part les marins du Moyen Age ne savaient que faire des mille et une savantes descriptions du MONDE que leur exposaient les géographes intéressés à la configuration de la Terre et aux mers immenses séparant les continents. Certaines descriptions leur apparaissaient vraisemblables, d'autres farfelues. Une chose était certaine. C'est que trop souvent, les marins eux-mêmes y perdaient leur vie dans l'exploration de mondes lointains sis au-delà des mers infinies et souvent tourmentées. Ils préféraient de beaucoup la navigation côtière. Aussi, ces marins du Moyen-Âge avaient-ils développé leur propre moyen de navigation côtière qui leur assurait sécurité. Pour cette navigation de type côtier, les marins bénéficiaient de portulans, ces cartes des côtes et des ports qui leur illustraient la configuration des AMERS et des ports alors fréquentés.

Cote de l'Angleterre

LA CÔTE SUD DE L'ANGLETERRE

Les navigateurs de jadis avaient recours aux portulans, ces cahiers qui leur fournissaient les informations nécessaires au cabotage. Ces portulans montraient le profil des côtes, les accidents côtiers ainsi que les autres données requises à la navigation côtière. Dans les cas où la topographie d'une côte n’offrait rien de particulier, on construisait des accidents artificiels également appelés amers. Ce fut le début des tours et des phares lumineux. Le dessin ci-haut, tiré d’un portulan du 16ième siècle, illustre une section de la côte sud de l’Angleterre. La configuration de la côte est très semblable à celui que Ramusio se servira pour illustrer les collines entourant Hochelaga. Source: EARLY SEA CHARTS par Robert Putman.

 


Régulièrement, Paris publiait un recueil à date des AMERS visant à faciliter le cabotage. Aussi, les navigateurs et explorateurs de l'époque se faisaient-ils un devoir, en territoire inconnu, de relever le profil des côtes visitées. Chose intéressante, une analyse du profil des collines montrées au plan La Terra de Hochelaga publié à Venise en 1556 dans le routier Delle Navigationi et Viaggi par G. B Ramusio indique que Jacques Cartier fit de même lors de sa venue sur le mont Royal. (Venise en profita pour publier le récit de l'exploration française). Aussi, pour Jacques Cartier, marin de métier accoutumé aux impératifs de navigation côtière faire le relevé des collines qui entouraient la bourgade de Hochelaga était une tâche commune. Pour ce faire, le bâton de Jacob était cette époque l'instrument approprié.
LE BÂTON DE JACOB      Baton de Jacob
Au seizième siècle, au moment où Jacques Cartier fit son exploration de la vallée du Saint-Laurent, le bâton de Jacob était l'instrument courant utilisé par les navigateurs. Cet instrument leur permettait de repérer par l'observation des astres la latitude de leur position . Ce bâton remplaçait l'astrobabe plus coûteux et moins facile d'utilisation sur les mers agitées. C'est probablement avec ce type d'instrument que l'équipe de Jacques Cartier capta le profil des collines composant le mont Royal. (Un tel bâton de Jacob type peut être vu au Cosmodome de Montréal, ville de Laval).

 

LES INDES OCCIDENTALES
LA CHASSE-GARDÉE DE L'ESPAGNE

Lorsque vers 1515, la France entreprend l'exploration de la partie nord des Indes Occidentales, Division des IndesCharles Quint devient très inquiet. Car en vertu de la bulle d'Alexandre VI (1493), corrigée par le traité de Tordesillas (1494) fixant la ligne à 46æouest 30', les Indes Occidentales sont partagées entre Espagnols et Portugais. La France et l'Angeterre n'y ont pas droit! Charles Quint écrit à son ambassadeur en France une lettre pressante: ..."ne laissez pas porter atteinte à nostre service et seureté de nostre navigation ausdites Indes"....À la même époque ses espions en France, et ils sont nombreux, essaient d'apaiser sa crainte lui soulignant que ..."les Français se trompent s'ils croyent trouver là-bas de l'or. Sur cette côte stérile, il n'y a d'autre richesse que la pêche"... De son côté François Ier affirme dans une lettre adressée au cardinal de Tolède ..."le soleil luit pour moi comme pour les autres.  Je voudrais bien voir la clause du testament d'Adam qui m'exclut du partage du monde"....Pour sa part, Henri VIII n'entend pas rester inactif. Il dirige ses efforts plus au nord vers la calotte glacière. N'offre-t-elle pas le chemin le plus court pour rejoindre les Indes par la Chine? John Cabot avait emprunté ce chemin. C'est la route que prendra plus tard Martin Frobisher dans la baie d'Hudson, évitant par là de soulever l'ire d'une puissance maritime que tous respectaient, celle de l'Espagne.

 

CHARLES QUINT- ROI D'ESPAGNE, EMPEREUR DU SAINT-EMPIRE ET MAÎTRE DES INDES OCCIDENTALES

Charles Quint cumule en fait trois royaumes. Il est roi d'Espagne; empereur du Saint-Empire; il est aussi le maître des Indes Occidentales. Saint-EmpireBientôt, sa puissance inquiéte ses alliés. Henri VIII se rapproche alors de François 1er allié aux Turcs. Comme la guerre s'éternise et devient coûteuse, François 1er et Charles Quint signent la paix de Cambrai (août 1529) où l'Empereur renonçe à la Bourgogne. Puis il visite l'Italie, réinstalle à Florence les Médicis et se fait couronner roi de Lombardie et Empereur des Romains par le pape.

Mais demeure la menace turque, Charles Quint se retrouve seul à s'opposer aux Ottomans. A l'est, le Turc prend Belgrade en 1521, puis Rhodes et n'est arrêté devant Vienne qu'en 1529. En Méditerranée occidentale, les Turcs aidés par ses corsaires (dont Barberousse et Dragut, les hôtes de François Ier) s'emparent en 1534 de Tunis (que Doria reprend l'année suivante), d'Alger (1541), de Tripoli (1551), de Penon (1554) et de Bougie(1555).   En 1545, les jeux sont faits: le Turc triomphe en Méditerranée. Venise alors a perdu la majeure partie de son royaume maritime.

Mais engalère vénitienne compensation, Charles Quint possède le royaume des Indes Occidentales et ses énormes richesses, royaume où Rome confirme son autorité exclusive. En 1503 est créée la Casa de Contratacion. Ce sera les débuts d'une vaste opération d'enrichissement du trésor royal. La mer Atlantique du 16e siècle sera celle de l'Espagne. Tous les pays d'Europe craindront de s'approcher de sa flotte. C'est avec l'énergie du désespoir que l'Angleterre réussit en 1588 à vaincre LA GRANDE ARMADA. (voir ci-jointe une illustration de la confrontation navale).

En 1555, Charles Quint connaît une amère défaite. Les protestants de France s'unissent au roi Henri II. Il est alors contraint de signer la paix d'Augsbourg qui reconnaît le protestantisme dans tout l'Empire. Affaibli et déçu, Charles se retira alors en Estrémadure, au monastère de Yuste et y meurt le 21 septembre 1558.

 
LA SÉRÉNISSIME RÉPUBLIQUE DE VENISE AUX ABOIS
REGARDE VERS LES INDES OCCIDENTALES

Voici comment un écrivain et philosophe du 18e et 19e siècle, François René vicomte de Chateaubriand voyait Venise à cette époque.

"Venise épouse de l'Adriatique et dominatrice des mers qui donnait des empereurs à Constantinople et des rois à la Crète, de qui les monarques tenaient à être les citoyens. Venise, République au milieu de l'Europe féodale qui servait de bouclier à la chrétienté, Venise planteuse de lions, Venise dont les doges étaient des savants et les marchands des chevaliers, Venise qui terrassait l'Orient."
(Chateaubriand)

Par ailleurs, avec la venue du 16e siècle, au cinquecento, Venise se trouvait d'une part au sommet de sa vie artistique. Mais d'autre part, Venise se devait à tout prix de trouver un nouvel accès vers les Indes. La perte d'une de ses principales portes d'entrée aux richesses des Indes que lui causa la conquête de Constantinople en 1453 par les armées turques, perte accompagnée de celle de nombreux comptoirs commerciaux dont dépendait sa richesse: ces déboires souleva à Venise une question de survie commerciale et politique.

 

Ramusio - Canal de Suez

Vallée du Nil

Giovanni Battista Ramusio

C'est ainsi que le responsable de la question à Venise, Giovanni Battista Ramusio (sous la direction du doge Andrea Gritti), publia dans le 2e tome Delle Navigationi et Viaggi un plan illustrant la vallée du Nil, une vallée par laquelle un tel canal devait nécessairement passer.  Un instant, elle envisagea la possibilité de construire un canal reliant la Méditerranée et la mer Rouge. (Ce quelque 300 ans avant la construction du présent Canal de Suez).  Pour Venise, l'exploration de Jacques Cartier dans les Indes Occidentales souleva chez le chargé à Venise de trouver une solution à cette déplorable situation, Giovanni Battista Ramusio, de nouveaux espoirs.

Venise vit dans les explorations des Indes Occidentales conduites par les pays d'Europe, en particulier par la France, la possibilité d'une voie maritime nouvelle vers les Indes en remplacement de celle perdue aux mains des Turcs. C'est à ce moment que le rôle joué par le secrétaire du Conseil des Dix de la Sérénissime, Giovanni Battista Ramusio, prit toute son importance. Principal responsable de cette question à Venise, Ramusio décida alors d'ouvrir aux dirigeants de la république un exposé couvrant l'ensemble de la question. Dans son oeuvre Delle Navigationi et Viaggi, il exposa l'ensemble des possibilités alors offertes à Venise. Grâce à son expérience d'ancien diplomate du puissant Conseil des Dix à l’étranger, (en particulier auprès du roi de France qui désira se l’attacher); homme de lettre et de science et écrivain de grande érudition, Ramusio était tout-à fait l'homme qualifié pour relever le défi.


Depuis 1450 se constitue en Turquie un immense empire autour de la dynastie Osmanli. Les règles de succession sont complexes. Le sultan est un chef religieux, militaire et politique. Il est comparable à un empereur. Depuis 1517, Mediterranee  Empire turqueil est calife, le commandant des croyants. On raconte mille choses:
...Il dirige un conseil présidé par le grand vizir, une administration énorme appuyée par une forte armée. Celle-ci est composée de chevaliers: les sipahis et de janissaires. Les sipahis sont les possédants de grands fiefs. Les janissaires sont les chrétiens razziés convertis à l'Islam. Il n'y a pas de racisme tant qu'on est musulman. Ils forment la garde personnelle du sultan.
...Le sultan ne se marie pas, par tradition. Il n'a que des courtisanes dans son harem.
...La guerre fournit les terres, le butin. Quand il y a des revers, l'empire se porte mal.
...La conquête est immense: domination de l'Egypte, de l'Afrique du Nord, de la Méditerranée Orientale et le Proche Orient.
...Au début du XVIe, le sultan Selim Ier réussit en 1520 à installer son fils sur le trône. Son nom: Soliman le Magnifique.
Cet empire turque montant devient pour l'Europe, pour Venise en Greceparticulier, la menace dominante. En 1453, les Turcs capturent Constantinople et avancent dans les Balkans. En 1521, ils entrent à Belgrade. En 1529, ils sont aux portes de Vienne. Charles Quint, roi d'Espagne et empereur du Saint-Empire, se retrouve seul contre le péril turc. Alliée à Charles Quint, en 1538 Venise perd la bataille de Prevesa (ou Preveza) et se trouve en situation précaire. Elle ne peut compter sur la France, allié traditionnel, mais également allié de son ennemi, le Turc. Les Français sont scandalisés.    En MCote de Provence éditerranée, Gênes, par l'un des ses généraux, Andrea Dorea, érige l'un des principaux remparts contre l'expansion turque. Dorea chasse les galères françaises devant Gênes et entre dans la ville sous les acclamations de ses concitoyens. Maître de tous les pouvoirs grâce à ses accords avec Charles Quint, il s'emploie à assurer le bonheur et l'indépendance de sa patrie. En 1535 , Andrea Doria avec 1512 navires et 30 000 hommes reprend les hostilités contre Tunis. La ville est prise et rendue aux Arabes au déficit des Turcs. Venise, bien qu'ennemie traditionnelle de Gêne, est soulagée.

Plus encore. les incessantes et inutiles guerres contre Charles Quint; les dispendieuses campagnes d'Italie; les châteaux et demeures qu'il fit construire par dizaines. Et encore.  Ces entreprises ruinèrent les finances du pays. Mais dans l'imaginaire du peuple français, François 1er restera l'archétype du roi-mécène, un roi grand amateur de femme et d'art, un roi aimé pour lequel, suite à la défaite de Pavie, on se cotisa afin de payer la rançon de sa captivité. ...."il est notre luxe à tous"..... François Ier dans sa lutte contre Charles Quint, trouve avantageux de s'allier aux Turcs ottomans.   Battu et capturé à Pavie par Charles Quint, François Ier demande à sa mère Louise de Savoie, de solliciter l'aide du sultan Soliman II.  Le Sultan, informé de la captivité de François Ier à Madrid, promet alors de "délivrer le roi de France prisonnier

 

ecriture arabeLettre de Soliman le Magnifique au roi de France François Ier, Istanbul, 6 avril 1536

Cette lettre fut adressée par Soliman le Magnifique à François Ier, en 1536. Empreinte de la solennité et du luxe qui conviennent à ce type de document qui doit aussi honorer le correspondant, elle est soigneusement calligraphiée en plusieurs écritures et encres de différentes couleurs, et ornée du monogramme impérial enluminé. Ce document marque le début de l'installation permanente de l'ambassade française auprès de la Porte Ottomane.

turcEn 1534, devant l'indignation du royaume de France et sous les yeux incrédules de la population de Marseille, l'équipage de onze trirèmes turques sous le commandement de Khayr al-Din (Barberousse), s'installe dans la ville. Cette alliance France-Ottomans fait scandale chez les chrétiens d'Europe.
                François 1er ne s'en tient pas là. En 1542, il négocie le soutien de la flotte de Barberousse en vue d'une nouvelle attaque de l'Italie.  C'est ainsi que le corsaire Barberousse est invité à nouveau à hiverner à Toulon. Le 14 octobre 1543, Barberousse ancre dans la rade avec 200 galères et 30.000 hommes. Pendant plusieurs mois, sur ordre du roi de France, la ville est tenue de se mettre à leur disposition. La cathédrale Sainte-Marie-Majeure est transformée en mosquée. Puis les armées turques balaient la côte faisant prisonniers, esclaves, et autres.... Et perdant l'envie de combattre, Barberousse quitte le printemps suivant moyennant une généreuse somme d'argent.

VENISE S'INTÉRESSE AUX INDES OCCIDENTALES

Alors que la France dépêchait vers les Indes Occidentales son explorateur, pour sa part Venise n'était pas inactive. La perte en 1453 de Constantinople, porte d'entrée vers les pays de l'Est, lui devenait de plus en plus pénible. Son commerce était en baisse constante. Il lui fallait trouver une nouvelle voie vers les Indes. Les Indes Occidentales lui apparurent fort intéressantes. Centre important de la Renaissance axé sur les arts, le commerce et les sciences nouvelles, Venise savait fort bien que la terre n'était pas plate, nonobstant ce qu'en laissait penser la carte de Ptolémée. Elle était ronde. On pouvait certainement rejoindre le pays des épices par le soleil couchant, par l'occident. Il fallait tout simplement trouver une nouvelle voie vers le Cathay.
La carte de l'Amérique montrée ci-bas fut conçue à Venise par G.B. Ramusio vers 1535, au moment où Jacques Cartier dépassait les Terres Neuves en route pour Hochelaga. On remarquera que cette carte est admirable dans la précision qu'elle apporte à la définition des "Indes Occidentales", ce continent qui barrait la route au royaume du Levant.
Les Indes Occidentales selon Ramusio

 

La Montagne Sacrée
Montagne Sacrée
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LE MONT ROYAL - Tel l’Olympe des Temps Anciens qui constituait le lieu de résidence des dieux, le MONT ROYAL constitue le haut lieu des débuts de la Nouvelle-France, du Canada.  Majestueux, le MONT ROYAL domine la ville qu’il surplombe et qui s’étend à ses pieds.  Visitée par le découvreur breton Jacques Cartier en 1535, ce 43 ans après la découverte des “Indes Occidentales” par Christophe Colomb, cette montagne souleva l'admiration de l'explorateur.  Émerveillé du panorama, Cartier lui donne le nom MONT ROYAL en l’honneur de son roi, François Ier. Pour le pays, cette montagne est unique. Elle est le BERCEAU DU CANADA





Jacques Cartier à Hochelaga
 HOCHELAGA
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Charlesbourg-Royal a Stadacone
  CHARLESBOURG-
ROYAL

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gifs/carte-vallard-1547
REPORTAGE
FRANCE (1547)

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Plan Hochelaga par Borduas
  REPORTAGE
VENISE (1556)
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Sault au Recollet
SAULT-AU
RÉCOLLET
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Le Canada dans le Monde
INDES
OCCIDENTALES
ET CANADA
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Compagnons de Jacques Cartier
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Jacques Cartier
CARTIER à
HOCHELAGA
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Bourgade Hochelaga
  BOURGADE
HOCHELAGA

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Giovanni Battista Ramusio
G.B. RAMUSIO
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Mémoire de Venise
CONTRIBUTION de VENISE (1556)
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Fort Lorette - riviere des Prairies
FORT LORETTE
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NOUVELLE-FRANCE
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