...Renaissance...
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La Montagne Sacrée |
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Le
monde aujourd'hui
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Pour l'Europe, le centre de la civilisation se situait en Europe, dans une Europe qui alors se voyait comme le nombril du monde. La carte ci-jointe attribuée à Waldseemuller (1522 environ) illustre comment cette Europe, Venise (Venice) en particulier, voyait le Monde. Elle en était le coeur. Cependant, de nombreux scientifiques et hommes d'État, en particulier les dirigeants politiques de Venise, tel Giovanni Battista Ramusio, voyaient cette image comme surannée. D'ailleurs, des événements majeurs venaient poser le principe que cette Europe était obligée repenser ses liens avec les mondes extérieures encore inconnus. Deux siècles auparavant, le Vénitien Marco Polo était revenu de Chine avec pour l'Europe des reportages invraisemblables. Quelques années passées, en 1492, un autre explorateur entreprenant, Christophe Colomb, avait rejoint les Indes Occidentales.
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A. VENISE AU SOMMET
DE SA GLOIRE
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En 1453, la prise de Constantinople par les Ottomans fermait la porte d'accès aux Indes et à ses richesses. Venise en devenait fortement financièrement affectée. Les comptoirs que la Sérénissime avait établis dans la Méditerranée de l'Est et au delà, en particulier à Trébizonde sur la Mer Noire, devenaient inaccessibles. Les comptoirs de l'Adriatique et dans la mer Égée étaient mis en grave danger, certains étaient perdus.
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Le monde à
la Renaissance
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À la fin du Moyen Âge, l'Europe, en particulier l'Italie, se remet en cause. La vague d'immigrants fuyant le royaume de Byzance suite à l'entrée en 1453 des Ottomans à Constantinople accélère le courant. Face à une société où la religion définit la destinée de lHomme, on réclame le libre arbitre et le développement de lindividu par létude de la tradition classique antique et le respect des nouveaux impératifs révélés par les récentes découvertes.
Des écoles nouvelles sont créées. Un retour à la culture d'antan, à ses philosophes, à ses penseurs et à ses sculpteurs s'impose. Ce nouvel humanisme se répand en Europe par lintermédiaire des académiciens, des étudiants, des imprimeurs, des clercs et des diplomates. Les villes italiennes de Milan, Florence, Rome et Venise sont au centre du mouvement.
En astronomie, Galilée et Tyco Brahée avancent que la Terre nest pas le centre de lUnivers. Au contraire, la Terre nest quune parcelle dun univers mystérieux et infini. De plus, la planète elle-même est en grande partie encore inconnue. La carte géographique reconnue est encore le plan de Ptolémée mis au point plus d'un millénaire passé. L'Europe se rend compte que la planète Terre renferme des mondes inconnus offrant des connaissances peut-être encore ignorées. En médecine, on constate que la maladie nest pas un fléau de Dieu mais le résultat d'une hygiène fautive. À la tête de cette nouvelle médecine, se trouve Girolamo Fracastoro, Vénitien ami de G.B. Ramusio. (Ce dernier lui dédicacera le troisième tome de Delle Navigationi et Viaggi). Fracastoro avancera que les villes étaient trop denses et mal organisées, qu'elles devaient être repensées. Il affirmera que des micro-organismes existaient, parfois bénéfiques, souvent dangereux. Il fallait en tenir compte.
En matière d'urbanisme, des villes mieux organisées sont requises. L'on constate que les livres anciens avancent des principes daménagement oubliés. Les villes sont trop denses et mal aménagées. Elles ont besoin d'eau courante, d'aération et de dégagement. L'eau jadis courante au sein des villes anciennes, telle Rome, est souvent absente. Des Villes Nouvelles sont mises au point. En France, François Ier confie à Léonard de Vinci la conception d'une Ville Nouvelle: Romorantin. Ces Villes Nouvelles seront pourvues de grands axes de circulation souvent rectilignes.
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Venise:
La Piazzetta - place Saint-Marc
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Cest dans cet effervescence de pensée que baigne Giovanni Battista Ramusio, homme dÉtat de Venise, confident du doge de la Sérénissime République et secrétaire du Conseil des Dix. Ambassadeur auprès des pays européens et ottomans, ses vues s'élargissent aux dimensions de la conception nouvelle des choses. C'est dans cet esprit d'une Renaissance à la recherche d'un nouvel urbanisme que G.B. Ramusio produira en 1556 une illustration de Hochelaga: une ville inconnue, ... "la Terra de Hochelaga"... peut-être une ville nouvelle...., bien aménagée et habitée par un monde encore inconnu... sur une montagne appelée MONT ROYAL....visitée par un matelôt Breton, Jacques Cartier...(voir http://colba.net/~larouche/ramusio/index.html ) .

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PLAN DE LA MÉDITERRANÉE PAR GIOVANNI BATTISTA RAMUSIO - La république de Venise, habituellement reconnue comme la Sérénissime république, étendait son commerce depuis sa position au nord de l'Adriatique jusqu'aux avant-postes des Indes. Aussi, devait-elle avoir à la disposition de ses dirigeants, du Conseil des Dix et du Doge, une carte géographique détaillée des comptoirs commerciaux qui constituaient les bases de sa puissance commerciale. Ci-contre une pièce de l'appartement du Doge montrant une carte géographique détaillée de la Méditerranée. Son auteur: Giovanni Battista Ramusio, Secrétaire du Conseil des Dix et auteur de Delle Navigationi et Viaggi (en trois tomes) et du plan La Terra de Hochelaga.
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C.
VENISE RECHERCHE UNE NOUVELLE VOIE VERS LES INDES
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La découverte de Christophe Colomb donne à l'Europe, à Venise en particulier, une lueur d'espoir. L'un de ses dirigeants politiques, qui était secrétaire du Conseil des Dix, Giovanni Battista Ramusio, voit dans cette nouvelle voie maritime la solution aux difficultés d'accès de l'Europe et de Venise aux Indes. Il écrit:
Mais peut-être Dieu réserve la découverte de cette route pour le Cathay......à un Grand Prince, ainsi que la découverte de lautre côté de la terre vers lAntarctique, chose que personne na pas encore voulu ou tenté de faire. Cette entreprise constituerait la plus belle et la plus glorieuse des choses que lon pourrait imaginer. Elle permettrait alors daffranchir les générations futures des guerres qui accablent sans cesse les pauvres chrétiens.
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La France, ami traditionnel de la Sérénissime, dans sa lutte contre Charles Quint, trouve alors avantageux de s allier aux Turcs ottomans. Le 20 décembre 1522, après cinq mois de siège, les Ottomans s'emparent de la forteresse de Rhodes que défendaient les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Venise y perd son comptoir. Battu et capturé à Pavie, en 1525, François 1er demande à sa mère Louise de Savoie, de solliciter l'aide du sultan Soliman II. Le Sultan, informé de la captivité de François Ier à Madrid, promet alors de "délivrer le roi de France prisonnier de Charles Quint".....
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Le 28 août 1526, le sultan turc Soliman II le Magnifique, bat les Hongrois à Mohacs. La Hongrie disparaît en tant qu'État indépendant. Parti de cette défaite et des succès ottomans qui suivirent sont dus à François 1er,
En 1529, les armées turques sont aux portes de Vienne. En 1534, sous les yeux ébahis de la population de Marseille, l'équipage de onze trirèmes turques sous le commandement de Khayr al-Din (Barberousse), s'installe dans la ville. Un mois plus tard, l'ambassade turque rejoint François Ier se trouvant à Châtellerault. Cette alliance France-Ottomans fait scandale chez les chrétiens d'Europe.
François 1er ne s'en tient pas là. En 1542, il négocie le soutien de la flotte de Barberousse en vue d'une nouvelle attaque de l'Italie. C'est ainsi que le corsaire Barberousse est invité à hiverner à Toulon. Le 14 octobre 1543, Barberousse ancre dans la rade avec 200 galères et 30.000 hommes. Pendant plusieurs mois, sur ordre du roi de France, la ville est tenue de se mettre à leur disposition. La cathédrale Sainte-Marie-Majeure est transformée en mosquée. Puis les armées turques balaient la côte faisant prisonniers, esclaves, et autres.... Puis perdant l'envie de combattre, Barberousse quitte le printemps suivant exigeant une fort généreuse somme d'argent.
PILLAGE DE LA PROVENCE PAR BARBEROUSSE
Pour Venise, alors au sommet de sa gloire, cette alliance France-Turquie devenait tous les jours moins soutenable. Vers 1539, afin de mieux se protéger des infiltrations des pays amis et surtout ennemis, la Sérénissime institue un Conseil des Trois. Deux membres proviennent du Conseil des Dix et un troisième est nommé par l'État. Ce conseil a pour mission de pallier à tout "coulage d'information" susceptible de désavantager Venise. Les ambassades étrangères sont étroitement surveillées, celle de France en particulier.
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Aussi, une nouvelle voie d'accès aux produits des Indes s'impose tous les jours davantage. En 1492, un Génois au service d'Isabelle de Castille, Christophe Colomb avait découvert des territoires inconnus qui sans nul doute constituaient la partie Ouest des Indes. L'Europe lui donna un nom: les Indes Occidentales. Aussi les explorations françaises aux Indes Occidentales intéressaient Venise d'une façon particulière.... Peut-être ces explorations des Indes Occidentales apporteraient-elles réponse à leur situation fort précaire. L'un des dirigeants de Venise, G.B. Ramusio, qui jadis avait été ambassadeur de la Sérénissime auprès de Louis XII (lequel aurait aimé le retenir à son service) s'intéressait de façon particulière à la question. La possibilité d'un passage vers les Indes par la voie de l'ouest soulevait des espoirs nouveaux. Que rapporterait cet explorateur Jacques Cartier?
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Pierre Larouche, président