Rivière
des Prairies
et
Sault-au-Récollet
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Aperçu d'ensemble
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Deux dimensions de l'urbanisme
Aménagement de la ville et Patrimoine historique |
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Vous
voulez
mieux connaître l'histoire des débuts du Canada, du Québec? |
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Monographie
MONTRÉAL ET L'URBANISME Pierre Larouche ISBN - 2-9801943-0-1 |
Monographie
MONTRÉAL 1535 Pierre Larouche ISBN - 2-9801943-7-9 |
Monographie
VILLES DE DEMAIN Pierre Larouche ISBN - 2-9801943-8-7 |
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![]() Jacques Cartier (PDF-ORC) texte et image |
La
rivière des Prairies de jadis - La présente photo d'une
rivière sauvage des Laurentides illustre ce que fut jadis la rivière
des Prairies, cette voie d'entrée de Jacques Cartier en route vers
Hochelaga. Empruntant la même voie, en 1603 Samuel de Champlain
revient la rivière des Prairies. Chose que le lecteur voudra vérifier,
ce en lisant les mémoires de lexplorateur, la presque totalité
de ses entrées dans la région de lîle du Mont
Royal fut faite par cette rivière. Elle était favorable
au canotage. Le 28 mai 1611, il revient à cette rivière
identifier le site d'une première colonie. Ne trouvant rien de
convenable, il décide alors de traverser l'île du Mont Royal
et choisit un site qu'il nomme PLACE ROYALE. Éventuellement, un
colonie y sera construite: Ville-Marie. Quelques années plus tard,
le 24 juin 1625, à la rivière des Prairies une première
messe est dite par le père Denis Jamet. Il est incertain que Samuel
de Champlain ait été de lassistance. Puis survient
en 1625, le 25 juin selon certaines sources, l'incident du père
Nicolas Viel, récollet, qui se noie au Grand Sault qui prend le
nom de Sault-au-Récollet. Et peu à peu, l'île alors
appelée Mont Royal, puis Mont Real se peuple. En 1642 une colonie
est implantée à Place Royale: Ville-Marie. Peu à
peu, le développement se déplace de la rivière des
Prairies au site identifié par Samuel de Champlain, Place Royale.
Ville-Marie prend son essor.
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(AGRANDISSEMENT
DU PLAN CI-JOINT) REMARQUE - Le plan montré ci-haut, un plan largement déformé, illustre l'importance que jadis la rivière des Prairies occupait comme voie de canotage principale dans la région de Montréal. Ce plan démontre comment le fleuve Saint-Laurent occupait alors qu'une importance fort secondaire L'on voudra aussi retenir que la date de parution du plan, année 1685, a peu de rapport à sa date de conception. À cette époque, ces plans étaient considérés comme secret d'État et n'étaient rendu public que plusieurs décennies après leur conception. Une bonne date de conception pourrait davantage être 1650 ou environ. |
Le plan montré ci-haut illlustrant le rôle que joua jadis la rivière des Prairies constitue un bel exemple. Ce plan fut en bonne part le produit de la recherche dans le site web de la Librairie du Congrès Américain sise à Washingtong. D.C. Son adresse: http://www.loc.gov/. Récemment informatisée, cette bibliothèque révèle au MONDE des richesses d'information. En particulier, cette bibliothèque garde avec soin de précieux plans. Ceux en particulier des débuts du régime français. L'adresse des plans: http://memory.loc.gov/ammem/gmdhtml/gmdhome.html
Entrée en 1535 de Jacques Cartier
Les indices les plus sérieux identifient la rivière des Prairies comme le chemin qu'emprunta Jacques Cartier pour parvenir à Hochelaga. Le principal indice se trouve dans le fait qu'au temps des Amérindiens le cours d'eau alors utilisé par les Iroquoïens était la rivière Des-Prairies. Malgré ses nombreux rapides, cette rivière était moins dangeureuse et plus directe au canotage que l'était le fleuve Saint-Laurent. Aussi, les nombreuses relations de l'époque indiquent que la voie utilisée à cette époque était la rivière Des-Prairies. Un autre indice se trouve dans les plans originaux de l'époque montrant cette rivière comme laxe principal de navigation. Notons ici la relation de Jacques Noël, neveu de Jacques Cartier qui en 1587 suite à sa visite du site souligne en voyant les saults qui avaient arrêté son oncle Cartier: ..."Les eaulx ne tombent pas d'une hauteur bien considérable; ce n'est qu'une rivière où il y a de mauvais fonds.... Ces indices et d'autres encore indiquent que la rivière des Prairies était le cours d'eau qu'emprunta Jacques Cartier pour parvenir à Hochelaga.
Suite à la fondation de Charlesbourg-Royal, colonie que par la suite le Sieur de Roberval nommera France-Roy, le 7 septembre 1541, Jacques Cartier revient visiter le royaume de Hochelaga. Il est alors accompagné de Martin de Paimpontet et d'une suite. Il espére franchir les 3 saults qui lui avaient barré la route en 1535. Il sait par ailleurs que la bourgade Hochelaga avait été détruite par une excursion grerrière des indiens du royaume du Canada (ou Stadacone). Le 1er octobre 1541, il arrive au pied d'un saut, à deux lieues de la bourgade Tutonaguy. Puis, avec 4 guides, il parvient au deuxième sault. A l'aide de bâtonnets, les Indiens lui signalent un troisième sault, ...."qui est avant d'arriver au Saguenay...." qu'il ne peut franchir. La relation de ce périple vers le Saguenay et les Indes Occidentales est la suivante:
ARRET POUR SALUER LE SEIGNEUR DE HOCHELAY -Cette bourgade était sise entre le royaume de Canada et le royaume de Hochelaga. Jacques Cartier discute un instant avec lui de la bourgade Hochelaga qui a été détruite depuis son passage à cette bourgade en 1535. Cartier nous informe: ..."et comme ils remontaient la rivière (le Saint-Laurent), le capitaine alla voir le seigneur de Hochelay don la demeure est , lequel dans le voyage précédent avait donné au capitaine une petite fille et l'avait à plusieurs reprises informé des trahisons ... et désirs de tramer contre lui.... Ces lignes permettent de voir la rivalité qui existait alors entre Canada et Hochelaga.
ARRIVÉE AU PREMIER SAULT - La relation nous informe: ..."et nous naviguâmes le onziième jour dudit mois (septembre 1541) au premier salut d'eau qui est à la distance de deux lieues de la ville de Tutonaguy. Et après que nous fumes arrivés en ce lieu, nous décidâmes d'aller plus loin avec l'une des barques que l'autre demeurerait à cet endroit....
VISITE DUN VILLAGE AU SECOND SAULT -..."Et après que nous eussions fait connaître que nous allions vers les sauts et que nous désirions aller à Saguenay, quatre jeunes gens virent avec nous nous montrer le chemin...et nous vîmes à un autre village où demeurent de bonnes gens lesquels demeurent vis-à-vis le deuxième saut, qui nous apportèrent de leurs vivres'' ...
TROISIÈME SAULT À SIX LIEUES DU PREMIER (environ 18 milles) - ..."les gens de ce village nous montrèrent.... que nous étions au deuxième saut et qu'il n'y avait qu'un autre à passer.... et d'après leurs marques...il ne peut y avoir que six lieues par terrre pour passer les sauts...et parce que la journée était avancée et que nous n'avions ni bu ni mangé... nous décidâmes de retourner à nos barques ...
RETOUR À CHARLESBOURG-ROYAL - La visite faite, il retourne à Charlesbourg-Royal. La colonie est alors frappée d'une nouvelle épidémie de scorbut. Les Iroquois tiennent l'établissement en constant état de siège, tuant plus de 35 Français. En juin 1542, Cartier décide alors d'abandonner les lieux, emportant avec lui les pierres et le minérai quil croit fort précieux. En France, ces pierres et minérai qui saverreront sans valeur. (Voir: VOYAGES AU CANADA , édition La Découverte, Paris, 1984).
Entrée en 1603 de Samuel de Champlain
SAMUEL DE CHAMPLAIN
aux "Indes Occidentales"
Surtout connu pour la fondation de la ville de Québec, Champlain fut en fait un grand explorateur des "Indes Occidentales".
Son pied à terre à Montréal fut la rivière des Prairies avec ses multiples saults, en particulier le Grand Sault Saint-Louis. Fort mal connue est la grande TRAVERSÉE qu'il fit à travers l'île du Mont Royal, ce afin d'identifier le site d'une première colonie. UneTRAVERSÉE de 8 lieues (environ 24 milles) qui le conduisit à un site qu'il nomma PLACE ROYALE.
Montréal-Nord peut être fier des événements survenues sur son territoire aux premières heures de la Nouvelle-France. La rivière des Prairies constitua alors la porte d'entrée dans les Indes Occidentales. Aussi, les territoires environnant Montréal-Nord sont riches en lieux de mémoire. Ces lieux ont peu à peu été effacés du conscient des gens. Site de passage en 1535 de Jacques Cartier en route vers Hochelaga, la rivière des Prairies fut le témoin des premiers instants de la Nouvelle-France, du Canada. De l'an 1535 à 1642, le Sault-au-Récollet fut la porte d'entrée des missionnaires, des explorateurs, des aventuriers, vers l'intérieur d'un vaste territoire alors inconnu, les "Indes Occidentes". Peu à peu, ils pénétrèrent les Grands Lacs, descendirent un vaste fleuve, le Mississipi, puis colonisèrent son entrée, la Nouvelle Orléans. Puis ils explorèrent la vaste mer découverte par Christophe Colomb en 1492. Le golfe du Mexique.
Dans l'étude de l'histoire des débuts de Montréal, ceux de Montréal-Nord, la récente découverte de l'Internet ouvre une fenêtre toute grande sur des faits aujourd'hui oubliés. En fait, l'Internet constitue une nouvelle bibliothèque aux possibilités immenses. Tout comme aux siècles passés la TÉLÉVISION, le TÉLÉPHONE, l'AUTOMOBILE étaient absents du quotidien des gens, cette invention appelée INTERNET fait maintenant partie des facilités maintenant à la disposition du public. Reliant les quatre coins du MONDE, cette invention permet, ce dans la tranquilité du foyer, de consulter des documents hier inaccessibles.
Tout comme hier, il fallait à l'usager connaître les modalités d'emploi du téléphone d'alors - lever l'écouteur - tourner la manivelle - demander la communication.- et encore - l'usager désirant exploiter les ressources de l'Internet. doit apprendre l'abécédaire d'utilisation de cette invention. Certes, l'usager doit posséder un ordinateur, MAC ou PC, De plus l'usager doit se brancher au réseau Internet MONDIAL ce qui requiert un appareil appelé "modem" reliant votre appareil au serveur que vous avez choisi.
Samuel de Champlain fit plusieurs incursions à la rivière des Prairies en des endroits quil appela alors LE SAULT ou encore LE SAULT SAINT-LOUIS ou encore LA MISSION SAINT-LOUIS. Il visita une première fois lïle en 1603 à titre de géographe assistant à François Gravé, sieur du Pont, chef dexpédition. Bien que sa description générale des lieux laisse à désirer, son arrivée au SAULT permet de reconnaître lendroit où alors il se trouvait: à lîle de la Visitation. Il nous informe: .... "nous arrivasmes cedict jour à l'entrée du sault...et rencontrâmes une isle qui est presque au milieu de laditte entrée... d'un quart de lieuë de long....où il n'y a que trois à quatre ou cinq pieds d'eau, et aucune(s) fois une brasse ou deux... et tout à coup n'en trouvions que trois ou quatre pieds...Du commencement de la dite isle qui est au milieu de laditte entrée, l'eau commence à venir en grande force"..(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 101, abbé C.-H. Laverdière, M. A.).
Cette description nous permet dentrevoir où Samuel de Champlain se trouvait alors: à lÎLE DE LA VISITATION sis sur la rivière des Prairies. Plus avant approchant le Sault Saint-Louis que Jacques Cartier navait pu franchir, Champlain nous informe que:
....Venant à approcher dudict Sault avecq nostre petit esquif et le canot, je vous assure que jamais je nai vu un torrent deau desborder avec une telle impétuosité ...nétant que dune brasse ou de deux, et au plus de trois ...(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 103, abbé C.-H. Laverdière, M. A.) En effet, lun des premiers saults de la rivière des Prairies était celui de l'île de la Visitation. Ce site constitue aujourd'hui le coeur de ce qui fut jadis le quartier Sault-au-Récollet. À proximité de ce sault fut construit en 1696 le fort Lorette visant à accueillir les indigènes de la région, en particulier ceux vivant au fort de la Montagne.
Remarquons ici que Jacques Cartier dans son récit nous informe que les trois saults séchelonnaient dune distance de quelques 6 lieues. Samuel de Champlain pour sa part nous informe dans son reportage d'une longueur de trois ou quatre lieues.
..Nous fumes par terre dans les bois, pour en veoir la fin, ...où lon ne voit plus de rochers, ny de saults.... et ce courant contient quelques trois ou quatre lieuës....(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 104 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
Ce disant, Samuel de Champlain confirmait ce que les visiteurs précédents, Jacques Cartier, Jacques Noël et dautres avaient décrits. Notons ici qu'à cette époque, la notion de distance navait pas de valeur précises (bien que plusieurs auteurs attribuent une longueur de 3 milles à un lieue) les distances mentionnées sont dun même ordre de grandeur. Ajoutons de plus que les caractéristiques topographiques d'un site peuvent grandement changer avec le temps, en particulier celles des rivières habituellement soumise à lérosion.
Le lecteur voudra ici remarquer que les premiers écrits de Samuel de Champlain laissent beaucoup à désirer. Plus il fréquente lîle, plus ses écrits se précisent. Alors que ses premières relations tiennent sous silence des choses aujoudhui bien connues, dans lintroduction de son 5e volume, il nous informe que ...ledit Cartier alla jusques à un lieu qui sappeloit de son temps Ochelaga, et qui maintenant sappelle Grand Sault saint Louis, lesquels lieux estoient habitez de Sauvages, qui estans sedentaires, cultivoient les terres. Ce quils ne font à present, à cause des guerres qui les ont fait retirer dans le profond de terres....
Puis Champlain continue...ledit Cartier ayan recognu, selon son rapport, la difficulté de pouvoir passer les Sauts, et comme estant impossible, s'en retourna où estoient ses vaisseaux... hyverner en la riviere Saincte Croix, où maintennt les Pere Jesuites ont leur demeure"...(page 670, OEUVRES DE CHAMPLAIN par C.-H. Laverdière, 1870)
Recherche à la rivière des Prairies dun site pour une colonie
Lun des mandats dont Samuel de Champlain devait sacquitter était de celui de trouver sur lîle du Mont Royal, peut-être au Sault-Saint-Louis ou à quelque autre endroit le long de cette rivière des Prairies un site pour une future colonie. Il nous informe quil visita divers lieux le long de cette rivière, ce jusquau moment il entreprit en 1611 de traverser lîle et de marcher quelques 18 milles pour finalement aboutir dans ce qui est aujourdhui le Vieux-Montréal.
....Après avoir visité dun costé et dautre, tant dans les bois, que le long du rivage, pour trouver un lieu propre pour la scituation dune habitation, et y preparer une place pour y bastir, je cheminay 8. lieuës par terre costoyant le grand sault par les bois qui sont assez clairs, et je fus jusques à un lac, où notre sauvage me mena... (OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.). Samuel de Champlain se trouvait alors sur un autre cours deau, le fleuve Saint-Laurent. Il venait didentifier le site dune nouvelle habitation, dune nouvelle colonie, Ville-Marie. À ce titre, il obéissait à une ordonnance de son supérieur, le Duc de Ventadour, Vice Roy de la Nouvelle-France, et également dirigeant de la société secrète, la Compagnie du Saint-Sacrement de lAutel. Là son attention fut retenue par la présence dun petit endroit à lentrée dune rivière, une rivière connue par la suite sous le nom de rivière Saint-Pierre. Il nomma cette place, PLACE ROYALE.
..Mais en tout ce que je veis, ne ne trouvay point de lieu plus propre quun petit endroit, qui est jusques où les barques et chaloupes peuvent monter aisément,.... avons nommé la Place royale, à une lieuë du Mont Royal ... (OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838-839 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
La première messe dite sur lîle du Mont Royal
Lillustration ci-jointe est tirée d'une toile oeuvre du peintre Georges Delfosse ornant l'un des murs de la cathédrale Marie-Reine du Monde, boulevard René-Lévesque à Montréal. La première messe célébrée sur l'île de Montréal, alors lîle du Mont Royal, eut lieu le 24 juin 1615 sur les rives de la rivière des Prairies. Elle fut célébrée par le Père Denis Jamet assisté du Père Joseph Le Caron. En commémoration de cette première messe, la ville de Montréal fit ériger en 1915 au milieu du parc Nicolas Viel une stèle en granit surmontée d'une croix. Pour sa part, Samuel de Champlain nous informe: ..."et le jour suivant, je party de là pour retourner à la rivière des Prairies, où estant avec deux canaux de Sauvages, je fis rencontre du père Joseph, qui retournoit à notre habitation, avec quelques ornements d'Eglise pour celebrer le saintc Sacrifice de la messe, qui fut chantee sur le bord de ladite riviere avec toute devotion, par le Reverend Pere Denis, et Pere Joseph, devant tous ces peuples qui estoient en admiration, de voir les ceremonies dont on fait et des ornements qui leur sembloient si beaux, comme chose qu'ils n'avoient jamais veuë: car c'estoient les premiers qui ont celebré la Saincte Messe"..... (OEUVRES DE CHAMPLAIN - p. 504, abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
Noyade de Nicolas Viel, Récollet de son protégé Ahunsic
L'illustration de gauche est tirée d'une toile du peintre Georges Delfosse. Cette toile orne l'un des murs de la cathédrale Marie-Reine du Monde, boulevard René-Lévesque à Montréal. Elle illustre la noyage du père récollet Nicolas Viel, survenue selon certaines sources le 25 juin 1625 dans un des rapides de la rivière des Prairies. D'où le lieu qu'on nomma Sault-au-Récollet.
Dans son "Histoire de la Nouvelle Franee, le père P. De Charlevoix décrit ainsi l'événement:..."...Soit qu'ils eussent pris mal leurs mesures, soit qu'ils le fissent exprès, le Canot tourna; le P. Viel & un jeune Néophyte, qui l'accompagnoit, se noyerent. et c'est cet accident, qui a fait donner au Rapide le nom de Sault au Recollet"... En commémoration cet événement historique, la ville de Montréal donna le nom de Nicolas Viel à l'un des parcs du quartier. En 1915 au milieu de ce parc Nicolas Viel, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal fit ériger une stèle en granit surmontée d'une croix rappellant la première messe célébrée à Montréal le 24 juin 1615, sur la rive de la rivière des Prairies. Pour sa part Mgr Paul Grégoire dévoila une plaque se lisant ainsi: "À la gloire du Père Nicolas Viel Missionnaire Récollet mort noyé en jun 1625 au dernier sault de la rivière des Prairies près de l'île de la Visitation".
Samuel de Champlain ne décrit pas la tragédie de Nicolas Viel. Pour mieux connaître lincident de ce Récollet qui se noya au Sault-au-Récollet, en fait au Gros Sault, nous nous reporterons au mémoire que nous a laissé Pierre-François-Xavier Charlevoix. Il décrit ainsi la tragédie:
....Le père Nicolas Viel après avoir demeuré près de deux ans chez les Hurons, eut envie de faire un tour à Québec, pour y passer quelque temps dans la retraite. Des Sauvages, qui se disposaient à faire le même voyage, lui offrirent une place dans leur Canot, et il laccepta. Ils suivirent la rivière qui sépare lIsle de Montreal de celle de Jesus, et quon appelle communément la rivière des Prairies. Et au milieu de cette rivière il y a un Rapide, que les Sauvages, au lieu de mettre à terre et de faire ce quon appelle un portage, voulurent sauter avec un canot. Soit quils eussent pris mal leurs mesures, soit quils le fissent exprès, le Canot tourna; le Pere Viel et un jeune Neophyte, qui laccompagnoit, se noyérent. Et cest cet accident qui a fait donner au Rapide le nom de Sault-au-Recollet, quil porte encore... Et Charlevoix termine son récit en ajoutant qualors les Hurons se sauvèrent. Et puisque ces Hurons étaient apparus mal disposés envers le récollet Viel, plusieurs ont eut de graves soupcons envers eux. Certains ajoutèrent que la chose avait été intentionnelle et planifiée. Dautres ajoutèrent que les bagages du père Viel avaient été saisis par ces Barbares. Lincident eut pour effet quà Trois-Rivières, les pères Baillon et Brébeuf différèrent à plus tard des voyages quils désiraient entreprendre vers le pays des Hurons. Cette mort tragique du père Viel retardera quelque peu l'arrivée des Jésuites qui s'apprêtaient alors à venir prêter main forte aux Récollets en Huronie. (HISTOIRE ET DESCRIPTION GÉNÉRALE DE LA NOUVELLE-FRANCE - p. 248 et suivante , Charlevoix, Pierre-François-Xavier).
À partir 1650, déclin de la Rivière des Prairies
Pendant plus d'un siècle, le Sault constitua la porte d'entrée vers l'intérieur dans un territoire alors appelé les Indes Occidentales. Missionnaires, aventuriers, coureurs des bois, nombre d'entre eux à destination du Mississipi et au delà, de la Chine et des Indes, y passèrent et y laissèrent leur traces. Tels: Samuel de Champlain, Étienne Brulé, Gabriel Sagard, père Le Caron, Jean Nicollet, Pierre-Esprit Radisson, Jacques Marquette, Cavelier de LaSalle, La Vérendrye et d'une multitude autres missionnaires, explorateurs et aventuriers. En 1650, le Sault-au-Récollet atteignait son apogée. En 1669, Cavelier de La Salle, quitte lîle du Mont Royal pour un périple qui le conduira sur le Mississipi et au golfe du Mexique à Matagorda Bay près de Houston, état du Texas. La scène ci-jointe du peintre Holgate, scène tirée dune toile du Mont Royal montre le départ de laventurier. Mais quelques années plus tôt, en 1642, était survenu un événement fort important, celui de la fondation d'une petite colonie à place Royale: Ville-Marie, chose planifièe quelques années plus tôt par Samuel de Champlain. En 1696, le sulpicien Vachon de Belmont construisait sur les rives de cette riivière un fort, le Fort Lorette, et la dotait d'une chapelle, la chapelle de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie. En 1751, une église remplaçera la chapelle devenue trop petite. Mais avec la croissance de la petite colonie Ville-Marie, le développement de l'île se déplaça de la rivière des Prairies à cette colonie.
Le fort Lorette, oeuvre de Vachon de Belmont
On ne peut pleinement apprécier ce que fut le FORT LORETTE sans connaître ce que fut son auteur, le sulpicien Vachon de Belmont. Vachon de Belmont est ce sulpicien que les Iroquois aimaient appeler ROBE DE FER. Né en France en 1645 dans une famille financièrement aisée et avantageusement connue, il sintéressa très tôt aux installations fortes, en particulier aux installations militaires. Une étude de Vachon de Belmont du (site http://www.er.uqam.ca/nobel/r14310/DiversPaysages/index.html)révèle quil sintéressa dans son jeune âge à ce type dinstallation militaire. En 1681 Vachon de Belmont parvenait à lîle de Montréal, en fait à lîle du Mont Royal comme lîle était alors connue. Cétait quelque 150 ans, en fait 146 ans, après la venue en 1535 de Jacques Cartier à Hochelaga. Attaché à la Mission de la Montagne, mission créée vers 1675 et destinée à la conversion des Sauvages et à leur francisation, Vachon de Belmont constata tôt le besoin de pourvoir la mission d'une place forte. En 1683, la mission comptait 210 Sauvages vivant dans 26 cabanes. Elle couvrait alors de vaste champs en culture. En 1685, il décida de construire alors, ce à ses frais, le FORT DE LA MONTAGNE. Aussi, pendant longtemps, ce fort sera connu comme le Fort Belmont. Quatre bastions de forme poivrière constituèrent le système défensif de la mission. De ce Fort de la Montagne, il ne reste malheureusement que deux des quatre bastions originaux. Ils peuvent être admirés sur Sherbrooke, coin rue Du Fort. Onze ans plus tard, fain déloigner les Sauvages des cabarets de Ville-Marie, Vachon de Belmont dotera le Sault-au-Récollet d'un fort semblable, le FORT LORETTE sis sur la rivière des Prairies.
Mais que fut le FORT LORETTE? Certes une place forte destinée à affirmer la présence et à assurer la sécurité des colons de lîle de Montréal et à assurer aux Sauvages alliées un lieu de refuge dans le cas dattaques. Pendant un certain temps, on ne peut dire quand exactement, cette rivière lieu de canotage préférée des Sauvages fut appelée RIVIÈRE DES IROQUOIS. Par ces derniers, Vachon de Belmont fut souvent appelé robe de fer. Mais dans lesprit de Vachon de Bermont, le FORT LORETTE, tout comme le FORT DE LA MONTAGNE, visait à procurer aux Sauvages désireux de sinstruire dans les nouveaux chemins de la religion hébergement et sécurité, ce par des moyens de défense appropriés. Sans doute, trois bastions peut-être en forme de poivrière (la chose est incertaine) plus une chapelle fortifiée servant de bastion, encadraient le fort (voir lillustration ci-contre). Les premiers bâtiments construits visèrent à rencontrer les besoins usuels complémentaires. Mais peu à peu, les besoins du fort changèrent et imposèrent de nouveaux bâtiments. Cest ainsi, quà travers les âges, le FORT LORETTE changea dallure.
Chose peu connue mais fort importante, le Fort Lorette joua un rôle important comme lieu de détention des captifs Anglais provenant des incursions françaises contre la Nouvelle-Angleterre. En conséquence, lors de lentrée en 1760 à Montréal des armées britanniques, le FORT LORETTE prit aux yeux des conquérants une très mauvaise réputation. Aussi, pour les Sulpiciens alors propriétaires de lîle de Montréal, le FORT LORETTE fut mis sous le boisseau. Résultat: le publc aujourdhui nest connaît rien.
Un cas généralement aussi mal connu est celui de Matthias Farnsworth, qui plus tard changea son nom en Matthias Faneuf. Encore jeune résident de Groton, Massachusetts, il fut amené comme captif au Fort Lorette où Vachon de Belmont acheta d'un indigène son indépendance. Encore jeune homme, il choisit de demeurer au Canada, à la mission du Sault-au-Récollet et changea son nom à Claude-Matthias Fanef. Il maria Catherine Charpentier avec qui il eut une nombreuse famille. Lon croit aujourdhui que tous les Phaneuf (ou Faneuf) sont les descendants de Mathias Farnsworth, originaire de Groton, Massachusetts.
Le cas de Mathias Phaneuf n'est certes pas unique. Il est typique du rôle que joua le FORT LORETTE pendant plusieurs décennies des débuts du 18e siècle. Il est un très beau livre destiné aux enfants que tous les adultes se doivent de connaître. Il est intitulé "Mathias - Une vraie histoire". Son auteur: M. Jean-Marc Phaneuf, descendant de Mathias Farnsworth, résident de Groton. Il ouvre un voile sur une réalité historique dont on connaît encore mal lenvergure. Le site web http://pages.infinit.net/phaneuf/ mérite dêtre visité.La rivière des Prairies, lieu de mémoire
Le Sault-au-Récollet est riche en lieux de mémoire, lieux qui au cours des siècles ont été peu à peu effacés. Site d'accueil de Jacques Cartier lors de sa venue en 1535 au Mont Royal, le Sault-au-Récollet fut le témoin des premiers instants de la Nouvelle-France, du Canada. De l'an 1535 à l'implantation de la colonie de Ville-Marie en 1642, le Sault-au-Récollet fut le témoin des événements qui marquèrent les débuts du développement de la Nouvelle-France, ou Canada. Avec l'implantation de Ville-Marie à la place Royale, le développement de l'île se déplaça progressivement vers la Place Royale. Aussi, le Sault-au-Récollet et sa mémorable histoire tomba peu à peu dans l'oubli. Reste aujourd'hui ici et là le long de la rivière des Prairies et au Sault-au-Récollet des lieux historiques de grande importance qui rappellent les premiers événements qui marquèrent les débuts de la Nouvelle-France, maintenant le Canada.
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Pierre
Larouche, président
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