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Musée de la Nouvelle-France

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des Écrivains (cliquez)

 

 

La tornade iroquoise

DOLLARD DES ORMEAUX
par Aurélien Boisvert LLL , DDN.
Notaire honoraire
 
Chercheur et auteur en histoire du Québec
 

 

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de la Nouvelle-France
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SOURCE - Toiles du Grand Chalet du Parc Mont-Royal
Serment de Dollard et de ses compagnons
par Raymond Pellus


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Titres  disponibles 

 APERÇU DES MOEURS ET COUTUMES
DES AGNIERS AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Les deux premiers Européens à se rendre, vers 1633, dans le canton des Agniers, situé dans la vallée de la rivière Mohawk, furent deux Hollandais venus du fort Orange (aujourd'hui Albany). Leurs récits, qui sont traduits ici pour la première fois en français par Aurélien Boisvert, comparés à celui de Jacques Cartier en 1535, montrent que ce n'était pas des Agniers que ce dernier a rencontrés à Stadaconé ni à Hochelaga. Les Agniers (v,g, Mohawks) ne sont donc pas des autochtones dans la vallée du SaintLaurent.    155 pages, $13.00.
Disponible aux ÉDITIONS 101 ENR. , C.P. 591, Succ. Desjardins, Montréal, H5B 1B7


 HISTOIRE DU MONTRÉAL, 1640-1672
  « Pourtant, s'il fallait une édition populaire (de l'histoire des origines montréalaises), Aurélien Boisvert en publie une excellente en cette année 1992... Cette édition, qui convient à un très vaste public et qui devrait pouvoir envahir nos écoles secondaires,... est aussi bien informée que respectueuse de son public: avec ses notes agréablement rédigées, ses nombreux appendices. » (Guy Laflèche, dans Québec Français, no.88, p.9).    227 pages, $20.00.
Disponible aux ÉDITIONS 101 ENR. , C.P. 591, Succ. Desjardins, Montréal, H5B 1B7


 UNE VALLÉE DE LA MORT ATTENDAIT LES FRANÇAIS
  Après une analyse minutieuse des écrits de Cartier, de Champlain, etc., et de même que ceux des premiers missionnaires de la Nouvelle-France, l'auteur, Aurélien Boisvert, en arrive à la conclusion que la vallée du Saint-Laurent était presque inhabitée avant l'arrivée des Français au 17e siècle.    107 pages, $13.00.
Disponible aux ÉDITIONS 101 ENR. , C.P. 591, Succ. Desjardins, Montréal, H5B 1B7


 NATION IROQUOISE
  Un prisonnier des Iroquois (il s'agit probablement de René Cuillerier) a réussi à s'évader et à revenir vivant à Montréal en 1663. Dans un manuscrit, conservé à la Bibliothèque Mazarine à Paris, il raconte ce qu'il a vu et vécu durant un an et demi de captivité. «Près de deux cents annotations soigneusement fouillées et appuyées sur une solide documentation contribuent à l'intelligence du texte... » (Léo Beaudoin, dans Montréal en Tête, 1997, p.15).    94 pages, $14.00.
Disponible aux ÉDITIONS 101 ENR. , C.P. 591, Succ. Desjardins, Montréal, H5B 1B7


 PRISONNIERS DES AGNIERS
  Recueil de sept aventures tragiques presque inconnues, racontées pour la plupart par les captifs eux-mêmes et illustrées de quatre cartes géographiques. De brefs commentaires accompagnent ces récits pour en faciliter la lecture. Indispensable pour comprendre les débuts si lents et si laborieux de la Nouvelle-France!     206 pages, $16.00.
Disponible aux ÉDITIONS 101 ENR. , C.P. 591, Succ. Desjardins, Montréal, H5B 1B7


 VOYAGE CHEZ LES ONNONTAGUÉS
    Ce texte anglais peu connu, même des historiens, est traduit ici en français pour la première fois et commenté par Aurélien Boisvert. Avec sa vivacité coutumière, Radisson y raconte son second voyage en Iroquoisie. Cinq cartes géographiques ont été ajoutées au texte afin de mieux situer les épisodes.    170 pages, $18.00.
Disponible aux ÉDITIONS 101 ENR. , C.P. 591, Succ. Desjardins, Montréal, H5B 1B7


DOLLARD, SES COMPAGNONS ET SES ALLIÉS
selon les textes du 17e siècle
   Le 20 novembre 2002, l’idée d’instituer un jour férié en mémoire des Patriotes était peut-être pertinente, mais était-il nécessaire pour autant de faire sauter la fête de Dollard ? Au fait, connaissons-nous bien celui-ci? Le but de cet essai est de le faire découvrir à la lumière des textes du 17e siècle présentés et commentés par Aurélien Boisvert.
N.B. Ce volume a été édité en mai 2005 par les soins des Éditions du Septentrion en format de poche. 275 pages, $18.00.
Disponible aux ÉDITIONS 101 ENR. , C.P. 591, Succ. Desjardins, Montréal, H5B 1B7



SOURCE - Toiles du Grand Chalet du Parc Mont-Royal
Le combat de Dollard au Long Sault
par Thurstan Topham


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Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
 Élimination de la fête de Dollard des Ormeaux

Le 20 novembre 2002, le gouvernement québécois ordonna par décret que la journée nationale des Patriotes coïncide avec le lundi précédent immédiatement le 25 mai de chaque année. En d’autres mots, la fête de Dollard était ainsi balayée sous le tapis.
      Il est certain que beaucoup de Québécois désiraient l’institution d’une fête des Patriotes, mais fixée soit au dernier dimanche de novembre soit le 15 février qui étaient des dates appropriées.
      L’idée de fêter le 250 anniversaire de la bataille du Long-Sault est venue du journal Montreal Daily Hérald dans son édition du 26 mars 1910. Les Montréalais anglais comme français furent d’accord. Le 24 mai 1920, trente mille personnes se massèrent dans le parc La Fontaine pour l’inauguration du monument de Dollard, de ses compagnons et de ses alliés. Depuis lors, à chaque année, les Québécois célèbrent cette fête.
      Mais dans les années 1950, des voix peu nombreuses commencèrent à s’élever pour que cette célébration soit abolie. Puis ce mouvement a fait boule de neige. Comme motifs, on a apporté les arguments les plus surprenants et même de nature politique. Des polémiques s’en sont suivies.
      Le but de ce livre n’est pas d’entrer dans ces avocasseries, ces procès d’intention, etc. mais bien de mettre à la portée des lecteurs de bonne foi les textes du XVIIe siècle qui sont les seuls points d’ancrage pour arriver à se former une opinion juste sur cette page de notre histoire.  


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Lettre ouverte parue dans Le Devoir du 25 avril 2002
 (Notes complémentaires au dernier volume)

À propos de Dollard ! Dans une récente chronique, M  XXXX  qualifiait Dollard de « petit escroc » sans plus d’explications. Pour lui, c’est une affaire réglée ; la cause est entendue ! Pourtant dans cette page de notre histoire, il y a des indices qui nous invitent fortement à rejeter ce jugement sans appel.
      D’abord, cet « escroc » n’était pas un solitaire. Il était accompagné de 16 concitoyens qui ne l’ont pas suivi de force, mais bien volontairement et en pleine connaissance de cause. Par conséquent, pour être logique, il faudrait dire que c’étaient 17 « escrocs ». Bien plus, il faudrait en ajouter trois autres, car Lambert Closse, Charles Le Moyne et Picoté de Belestre étaient eux aussi d’accord avec cette petite troupe pour partir en incursion contre les Iroquois, mais seulement après les semences, ce que Dollard et les 16 autres crurent devoir refuser. Après 1660, ces deux derniers ont vécu une vingtaine d’années à Montréal et y ont laissé une excellente réputation de citoyens et de soldats.
      En plus, ces 17 volontaires n’entreprenaient pas cette expédition en catimini. Ce qu’ils préparaient, ils le faisaient au vu et au su de tous les habitants de Montréal. En outre, il leur fallait absolument la permission de M de Maisonneuve, un homme au-dessus de tout soupçon, qui était le gouverneur de cette petite ville depuis 18 ans.
      En notre siècle de tolérance, des criminels notoires ont droit au bénéfice du doute. Pourquoi refuser ce droit à Dollard ?


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Lettre ouverte parue dans La Presse du 22 mai 2004

La fête de Dollard. Le sort en est jeté ! Sur la scène de notre histoire nationale, un acteur que nos prédécesseurs ont glorifié s’est vu indiquer la porte de sortie d’arrière-scène sans autre forme de procès. En effet, en novembre 2002, un décret du gouvernement québécois d’alors institua la fête des Patriotes à la place de celle de Dollard, au grand étonnement de ceux qui trouvaient impérieux de fixer la fête des Patriotes au 15 février, soit le jour anniversaire de la pendaison de cinq patriotes (dont Chevalier de Lorimier), en 1838, au Pied-du-Courant.
      Ceux qui ont applaudi à cette déchéance injustifiée s’appuient sur diverses raisons peu convaincantes, voire superficielles. Par exemple, un historien fort estimé, Marcel Trudel, raisonne ainsi: « Nous avons ainsi la légende de Dollard des Ormeaux dont Dollier de Casson fait un premier récit plutôt bref, mais d’un historien à l’autre du XIX siècle jusque dans la seconde moitié du XXe, le court texte devient des paragraphes, les paragraphes des pages, les pages un chapitre; chaque auteur se voulant plus célébrant que l’autre, jusqu’à Lionel Groulx qui produit le récit le plus long et le plus grandiose. On arrive ainsi à la légende qui est création d’écrivains. »
      En vérité, le récit de Dollier de Casson, écrit en 1672, couvre neuf feuillets dans son manuscrit intitulé Histoire du Montréal  et cinq pages dans l’imprimé édité par la Société historique de Montréal en 1868. Les éditeurs du XXe siècle le couchent sur cinq ou six pages. C’est donc loin d’être « un récit plutôt bref ».
      En outre, cette déchéance est malsaine pour la mémoire de notre peuple qui a tant besoin de points d’ancrage (s’il ne veut pas disparaître) dans un monde en évolution accélérée.
P.S.  Dans La Presse, cette lettre ouverte a été titrée ainsi: Une déchéance malsaine. Pour sa part, Le Devoir ne l’a pas publiée, à ma connaissance.


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Lettre ouverte parue dans La Presse du 22 mai 2004

La fête de Dollard. Le sort en est jeté ! Sur la scène de notre histoire nationale, un acteur que nos prédécesseurs ont glorifié s’est vu indiquer la porte de sortie d’arrière-scène sans autre forme de procès. En effet, en novembre 2002, un décret du gouvernement québécois d’alors institua la fête des Patriotes à la place de celle de Dollard, au grand étonnement de ceux qui trouvaient impérieux de fixer la fête des Patriotes au 15 février, soit le jour anniversaire de la pendaison de cinq patriotes (dont Chevalier de Lorimier), en 1838, au Pied-du-Courant.
      Ceux qui ont applaudi à cette déchéance injustifiée s’appuient sur diverses raisons peu convaincantes, voire superficielles. Par exemple, un historien fort estimé, Marcel Trudel, raisonne ainsi: « Nous avons ainsi la légende de Dollard des Ormeaux dont Dollier de Casson fait un premier récit plutôt bref, mais d’un historien à l’autre du XIX siècle jusque dans la seconde moitié du XXe, le court texte devient des paragraphes, les paragraphes des pages, les pages un chapitre; chaque auteur se voulant plus célébrant que l’autre, jusqu’à Lionel Groulx qui produit le récit le plus long et le plus grandiose. On arrive ainsi à la légende qui est création d’écrivains. »
      En vérité, le récit de Dollier de Casson, écrit en 1672, couvre neuf feuillets dans son manuscrit intitulé Histoire du Montréal  et cinq pages dans l’imprimé édité par la Société historique de Montréal en 1868. Les éditeurs du XXe siècle le couchent sur cinq ou six pages. C’est donc loin d’être « un récit plutôt bref ».
      En outre, cette déchéance est malsaine pour la mémoire de notre peuple qui a tant besoin de points d’ancrage (s’il ne veut pas disparaître) dans un monde en évolution accélérée.
P.S.  Dans La Presse, cette lettre ouverte a été titrée ainsi: Une déchéance malsaine. Pour sa part, Le Devoir ne l’a          pas publiée, à ma connaissance.


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Les noms des Dix-Sept .
« Le vrai tombeau des morts est le cœur des vivants ». 
       Pour leurs noms, cf. Dollard, ses compagnons et ses alliés selon les textes du 17e siècle,  p.80.
       Il s’en est fallu de peu que leur nombre ne fut vingt, car Lambert Closse, Charles Le Moyne et Picoté de Belestre avaient demandé à Dollard de se joindre à son groupe, mais à la condition de remettre le départ de l’expédition après la période des semences. Bien plus, ils se faisaient fort de recruter une quarantaine d’hommes (p.98). Par contre, ils auraient pu n’être que seize vu que, avant leur premier départ pour le Long-Sault, l’un des Dix-Sept avait déclaré forfait (p.199). Cependant voyant revenir ses compagnons qui venaient de battre des Iroquois dans un îlet « vis-à-vis » de Montréal,  il se ressaisit et rejoignit le groupe (p.200).      
N.B. Les chiffres entre parenthèses et précédés de la lettre p indiquent des renvois aux pages du volume Dollard, ses compagnons et ses alliés selon les textes du 17e siècle.  Ce qui est placé entre crochets [  ] est un rajout explicatif. 


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
«  Aller en parti avec le Sieur Dollard  ».
       À Québec, le 22 septembre 1653, arrivait de France la grande recrue des « cent hommes » [en fait, 120]. Au nombre de ces engagés recrutés par M de Maisonneuve,  se trouvait Jean Valets, menuisier et laboureur.  Le 18 avril 1660, il fit son testament devant le notaire Bénigne Basset et devant deux témoins.
       Au début, cet homme de vingt-sept ans prend la peine d’exprimer le motif de sa démarche : «…désirant aller en parti avec le Sieur Dollard pour courir sur les petites bandes iroquoises, nos ennemis ». Les Iroquois, ces sempiternels rôdeurs invisibles, il les connaissait grandement, lui qui avait un lot de terre à la Pointe-Saint-Charles et qui avait sûrement des comptes à régler avec eux. N’avait-il pas en mémoire le souvenir toujours vivace de ses amis Jean de Saint-Père, Nicolas Godé et  Jacques Noël, tous les trois lâchement assassinés par eux le 25 octobre 1657 ? 
       À Ville-Marie, depuis 1643, tous les hommes valides se transformaient en soldats à la moindre alerte. Dans ce contexte et en employant le mot « parti », ce menuisier s’affichait donc comme un combattant et ses trois auditeurs l’ont bien compris.  En 1672, Dollier de Casson, ancien capitaine de cavalerie, utilisera ce terme trois fois dans son  Histoire du Montréal (pp.131-132). On trouve ce sens même dans nos dictionnaires actuels comme Le Petit Robert de 1990 qui lui donne (entre autres) le sens de « détachement de soldats » (p.1365), dans  le « Dictionnaire encyclopédique Larousse »  de 1979  pour lequel il signifie (entre autres)  une  « troupe de faible effectif…»  (t.3, p.1052) ; il faut donc en conclure que le mobile de Jean Valets d’aller au Long-Sault était d’ordre militaire.
       En outre, si à Montréal, en avril 1660, il avait été question d’une incursion au Long-Sault en vue de voler des fourrures aux Iroquois,  le testateur aurait vraisemblablement senti le besoin d’expliquer son désaccord, car il aurait su que son motif devait étonner et le notaire et les deux témoins. 


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
« Faire un coup de sa main ».
      Voilà l’expression de Dollier de Casson qui a fait s’égarer même des historiens sérieux !  Dans la deuxième édition corrigée d’un manuel scolaire québécois intitulé Canada-Québec . Synthèse historique . (paru en 1977) , les auteurs ont persisté à rendre cette expression par « faire main basse » . Voilà un contresens patent, contresens qui fait carrément de Dollard un brigand ! Or dans les milieux scolaires surtout,  l’influence de ce manuel (par ailleurs excellent) a été énorme. Durant au moins deux décennies, des milliers d’enseignants et des dizaines de milliers d’écoliers québécois ont retenu cette interprétation assassine.
      Dans un dictionnaire comme Le Petit Robert de 1977 au mot « coup », on peut y lire ceci : « Milit. Coup de main : attaque exécutée à l’improviste, avec hardiesse et promptitude » (p.405). Dans le Dictionnaire encyclopédique Larousse de 1884  au tome 3 à la page 335,  on trouve la définition que voici : « expédition, attaque faite à l’improviste, et sans l’emploi des moyens nécessaires pour une attaque en règle ».  Dans les écrits du 17e siècle touchant la Nouvelle-France, ce sens d’attaque, d‘assaut est régulier.


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne, ce en marge de
DOLLARD, SES COMPAGNONS ET SES ALLIÉS, que....
Les Dix-Sept voulaient-ils effectuer un coup ou une razzia ?
Principales sources au 17e siècle :
1) Jean Valets : « …lequel désirant aller en parti avec le Sieur Dollard pour courir sur les petites bandes iroquoises, nos ennemis,… » (p.76).
2) P.Chaumonot : «…17 braves Français, volontaires de Montréal, prirent le dessein de se hasarder pour aller faire quelque embuscade aux Iroquois… » (p.82).
3) Journal des Jésuites :  « ... 40 Hurons …qui étaient allés en guerre avec 17 Français et 4 Algonquins… » (p.87-98).
4) Marie de l’Incarnation : « [les Français]…au nombre de 17 accompagnés de 40 alliés tant Hurons qu’Algonquins…pour surprendre quelques Iroquois,… » (p.109).
5) Marie de l’Incarnation : « …soixante hommes qui étaient partis pour aller prendre des Iroquois,…» (p.114).
6) Relation de 1660 : « …dix-sept Français, gens de cœur et de résolution, avaient déjà lié parti dans le même dessein [aller à la petite guerre] qu’eux [les Hurons et les Algonquins] », s’immolant généreusement  pour le bien public et pour la défense de la religion. » ( p.142).
7) Relation de 1661 : « …comme ils [un Huron et un jeune Français] avaient été faits captifs pour sa défense [du christianisme] ,  … » (p.178).
8) Radisson : « …espérant les vaincre [les Iroquois] et les exterminer aisément,… » ( p.181).
9) Radisson : « Afin de les effrayer et de les empêcher de venir là [au pied du Long-Sault] si souvent et avec une telle assurance, les Français et leurs alliés amérindiens décidèrent de leur tendre une embûche » (p.182)
10)  Radisson : « …des soldats aussi braves et aussi vaillants que ceux de cette troupe » (p.186).
11)  Dollier de Casson : « …lequel [Dollard]…, voulant faire ici [au Canada par opposition à la France] quelque coup de sa main… » (p.196).
12)  Dollier de Casson : « Mais Dollard et son monde [ses seize compagnons] avaient trop envie de voir l’ennemi pour attendre . » (p.199).
13)  De Belmont : « Un nommé Dollard recruta dix-sept (sic) Français pour aller en guerre aux Iroquois au pied du Long-Sault ; … » (p.219).
N.B. Les noms précédant les citations indiquent leurs sources. Dans tous les textes concernant l’un ou l‘autre des Dix-Sept, il n’est jamais question de fourrures comme mobile de l’incursion au Long-Sault.


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Leurs alliés avaient-ils un but différent ?
      « Quarante de nos Hurons…partirent de Québec sur la fin de l’hiver passé [1659-1660], pour aller à la petite guerre et dresser des embûches aux Iroquois à leur retour de la chasse. Ils passèrent par les Trois-Rivières et là, six Algonquins se joignirent à eux …  Étant arrivés ensuite à Montréal, ils trouvèrent que dix-sept Français, gens de cœur et de résolution, avaient déjà lié partie dans le même dessein qu’eux, s’immolant généreusement pour le bien public et pour la défense de la religion. » (cf.Relation de 1660, p.14).
      « Nos Sauvages …et nos Français se joignant à eux, rament avec joie, dans l’espérance de surprendre au plus tôt l’ennemi. Leur marche se faisait la nuit pour n’être point découverts et les prières étaient réglées tous les matins et tous les soirs, s’adressant tous à Dieu publiquement, chacun en sa langue ; de sorte qu’ils faisaient trois chœurs bien agréables au ciel  qui n’avait jamais vu ici de si saints soldats et qui recevait bien volontiers des voeux conçus en même temps en français, en algonquin et en huron » (cf. Relation de 1660, p.15).  


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Témoignage de Marguerite Bourgeois.
       Au mois de septembre 1659, Marguerite Bourgeois, venue de France en 1653, en revient avec trois compagnes. À Montréal, on ne parle que de la paix que les Iroquois ont encore une fois rompue et des mesures qu’il faut prendre pour faire face à ce très grave péril. Trente-sept ans après la rédaction de la Relation de 1660 (p.142), qu’elle n’a jamais lue, voici son opinion sur la motivation des Dix-Sept et sur leur acceptation du sacrifice de leur vie: « …pour aller en guerre attaquer les sauvages et à dessein d’y donner leur vie, si c’était le volonté de Dieu » ( p.215). Ainsi elle corrobore le jugement de l’auteur de cette relation et celui de Dollier de Casson. 


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Dès 1659, les Canadiens appréhendaient le pire.
      Dans sa lettre du 12 septembre 1659, le supérieur des Jésuites en Nouvelle-France, le Père Jérôme Lalemant écrit ceci : « …nous apprenons qu’ils [les Iroquois] se préparent à nous envahir avec une armée, au plus tard le printemps prochain, pour enlever quelqu’une de nos bourgades [Québec, Trois-Rivières ou Montréal] et mettre la désolation dans tout le pays ». 
      Le 20 octobre 1659, dans une lettre au comte d’Argenson, conseiller d’État en France et frère du gouverneur général à Québec, Mgr de Laval a écrit ces mots révélateurs et tragiques : « Quelque soin et quelque vigilance que M votre frère puisse apporter pour soutenir ce pays [le Canada], s’il n’est pas secouru cette année, il ne peut subsister sans un effet extraordinaire de la puissance divine, que l’on ne doit pas attendre, bien que nous devions l’espérer de sa bonté ».
N.B. La source de ces deux témoignages est un Huron chrétien,  prisonnier chez les Agniers, qui avaient capturé huit colons français à Trois-Rivières (cf. Relation de 1659, p.2).  Il venait de s’échapper de leurs mains et d’arriver à Québec. Tout ce passage est à lire pour réaliser qu’elle était le degré de la foi de ces premiers colons.


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
L’annonce d’une armée d’invasion en 1660.
Faite au Long-Sault durant la bataille :
      a) Le 2 mai 1660, au début de la bataille du Long-Sault, un Huron dit que les cinq Iroquois, qui venaient d’être découverts, « pouvaient être les avants-coureurs de l’armée qu’on nous avait annoncée devoir venir fondre sur nous ou…» (p.83).
      b) Réalisant son infériorité, « il [l’Onnontagué] appelle à son secours les Agniers qui avaient leur rendez-vous aux îles de Richelieu,…» (p.144).
      c) Étant seuls, «…ils [les Iroquois] dépêchèrent un canot pour aller quérir cinq cents de leurs guerriers, qui étaient aux îles du Richelieu et qui les attendaient, afin d’emporter tout d’un coup ce qu’il y avait de Français dans le Canada…» (p.203).
      En conséquence, si par hypothèse, les Dix-Sept ne connaissaient pas l’existence de cette armée avant leur départ de Montréal, ils l’ont au moins et sûrement apprise durant le combat du Long-Sault, qui d’ailleurs a duré plus d’une semaine. Alors en toute connaissance de cause, un choix s’offrait à eux : ou bien ils filaient à l’anglaise ou bien ils continuaient à combattre. Unanimement, ils furent d’accord pour tenir jusqu’au bout.
Faite à Québec :
      a) Vers la fin d’avril 1660. En effet le 17 septembre suivant, la Mère Marie de l’Incarnation a écrit ceci : « Il y a près de cinq mois qu’il se fait tous les jours un salut solennel où le Saint-Sacrement est exposé afin qu’il plaise à Dieu de protéger le pays » (p.116).
      b) Vers le 19 mai 1660, un Iroquois prisonnier dévoile aux gens de Québec qu’une armée va « fondre sur Québec » (p.102).
      c) « Au commencement de juin » ,… six Hurons « renégats et iroquoïsés »… « ont confirmé ce que l’autre [le précédent] avait dit » ( pp.106-107).
Faite en France par courrier :
      Dans une lettre expédiée de Québec en date du 7 juillet 1660, le gouverneur d’Argenson écrit ceci : «  Ce printemps,  ils [les Iroquois] avaient fait une armée de sept cents hommes pour descendre ici [à Québec] » (p.12) .


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne, ce en marge de ====, que...
Conséquence immédiate du combat du Long-Sault.
       « …une armée de sept cents Iroquois préparée pour venir à Québec et, pour cette fois, divertie par cet engagement [le combat du Long-Sault] » (p.98).
      « …  leur dessein [des Iroquois depuis 1659] était d’enlever la tête à Onnontio, qui est Monsieur le Gouverneur, afin que le chef étant mort, ils pourraient plus facilement mettre tout le pays à feu et à sang. …On a su depuis lors qu’ils étaient à Richelieu, attendant le moment et la commodité de nous perdre tous, en commençant par Québec » (p.102-103).
      « L’on avait conjecturé ici [à Québec], …que nos dix-sept Français et nos bons Sauvages seraient les victimes qui sauveraient tout le pays ; car il est certain que, sans cette bataille, nous étions perdus… » (p.111).
      « Nous nous sommes vues à la veille de tout perdre. En effet cela serait arrivé si l’armée des Iroquois, qui venait ici [à Québec] et qui nous eût trouvées sans défense, n’eût rencontré dix-sept Français et quelques Sauvages chrétiens.. »( p.113).
      «…lorsque nous devions être détruits, soixante hommes [les Dix-sept et leurs alliés] qui étaient partis pour aller prendre des Iroquois, ont été pris eux-mêmes et immolés pour tout le pays » (p.114).
      « …l’ennemi s’était retiré en son pays » (p.115).
      « Ce grand combat, dont on peut affirmer qu‘il a sauvé le pays qui, sans cela, était raflé et perdu suivant la créance commune » (p.211).
      « …il [ l’établissement de Montréal] doit être tenu par toute la postérité pour considérable si jamais le Canada est quelque chose puisqu’il l’a ainsi sauvé dans cette occasion, … » (p.212).


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Le Canada est maintenant un naufragé en sursis.
      « Mais la guerre des Iroquois traverse toutes nos joies et c’est l’unique mal de la Nouvelle-France, qui est en danger de se voir toute désolée si de France, l’on n’y apporte un puissant et prompt secours ; car pour dire vrai, il n’y a rien de si aisé à ces barbares que de mettre, quand ils voudront, toutes nos habitations à feu et à sang, à la réserve de Québec, qui est en état de défense, mais qui toutefois,  ne serait plus qu’une prison dont l’on ne pourrait pas sortir en assurance et où l’on mourrait de faim si toute la campagne était ruinée » (Relation de 1660, p.4).
      Le naufragé ne sera hors de danger que lorsque le régiment de Carignan-Salières commencera à débarquer dans le port de Québec en juillet 1665 au son des cloches et des manifestations de joie indicible des colons et des autorités. Le roi Louis XIV (alors âgé de 21 ans) avait apprécié les arguments de Pierre Boucher (délégué par le gouverneur d’Avaugour à la Cour de France en 1661) sur l’état lamentable de la colonie. La Compagnie des Cent Associés perd ses prérogatives et désormais la Nouvelle-France relèvera directement de la Couronne.


Rencontrez l'auteur, le notaire Boisvert. Il vous souligne que...
Le récit de M de Casson fait-il de Dollard un héros légendaire ?
      Dans sa narration du combat du Long-Sault, qui couvre huit pages dans l’édition de la Société historique de Montréal, M de Casson nomme Dollard huit fois. Au début, il le présente comme un « garçon de cœur et de famille qui avait eu quelque commandement dans les armées de France » (p.196).  Il n’y a rien là qui laisse prévoir un destin bien particulier pour un  militaire. À Ville-Marie, Dollard  tient à se « distinguer » et M de Casson ne manque pas d’en dévoiler le motif : c’était pour « lui servir à cause de quelque affaire que l’on disait lui être arrivée en France » (p.199). Voilà un laudateur qui vient de manquer une belle occasion de se taire si vraiment il ambitionnait en 1672 de mousser la valeur de son héros !
Vers la fin du récit du combat, une chance unique s’offre à M de Casson de louanger Dollard en termes bien sentis : c’est au moment de sa mort. Or contre toute attente, il l’annonce succinctement en ces mots : « Mais il fallait périr et le brave Dollard fut enfin tué » (p.208). Puis il change aussitôt d’idée en écrivant ceci : « Cependant le courage de nos gens demeura toujours aussi ferme ». Puis il revient au décès de Dollard : « Tous enviaient une aussi belle mort plutôt qu’ils ne l’appréhendaient ».
     Le qualificatif de « brave », M de Casson va l’employer deux fois pour ses seize compagnons et une fois pour Annaotaha.
      Le narrateur n’est donc aucunement obnubilé par Dollard. Ce qu’il cherche à dire à la postérité, entre autres, c’est que Annaotaha et les quatre Algonquins méritent le même honneur que les Dix-Sept (p.209) et que ces vingt-deux  hommes demeurèrent « constants dans la résolution de se défendre jusqu’à la mort » (p.205).
     Pourtant M de Casson avait assez de matière pour voir en Dollard un Léonidas ou un Horace du Canada, par exemples. Au contraire, il le place au second plan par rapport à « l’établissement de Montréal ». Pour lui, la gloire du combat du Long-Sault est à mettre au crédit de tous ses « chers Montréalistes » ; Montréal doit être fier d’avoir sauvé le Canada en 1660 en sacrifiant ses dix-sept « enfants ».  Cette prosopopée jette dans l’ombre Dollard des Ormeaux.    
      Voilà donc un chroniqueur qui serait bien étonné de voir qu’aujourd’hui des historiens propulsent Dollard dans le monde nébuleux de la légende!  En vérité, s’il y a légende, c’est Montréal qui en est l’héroïne !  
       Par ailleurs, même si, par hypothèse, le Dollard de M de Casson était un personnage légendaire, il n’en resterait pas moins que le Dollard de l’histoire, celui des autres chroniqueurs du 17e siècle, serait un héros en chair et en os et il le serait autant, sinon plus, que ses compagnons et ses alliés fidèles.  Ainsi Marie de l’Incarnation écrit ceci le 25 juin 1660 : « L’on avait conjecturé ici [à Québec] que l’issue de cette affaire serait telle qu’elle est arrivée, à savoir que nos dix-sept Français et nos bons Sauvages seraient les victimes qui sauveraient tout le pays ; car il est certain que sans cette bataille, nous étions perdus,… » (cf.p.111).  De même, le P.Le Jeune écrit ceci en 1660 : « Il faut ici donner la gloire à ces dix-sept Français de Montréal et honorer leurs cendres d’un éloge qui leur est dû avec justice et que nous ne pouvons leur refuser sans ingratitude. Tout était perdu s’ils n’eussent péri et leur malheur a sauvé ce pays … » (cf.p.150).


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Des soldats ( français et alliés) vraiment croyants.
       Avant leur départ pour le Long-Sault, les Français « firent un pacte de ne pas demander quartier et se jurèrent  fidélité sur ce point. Outre cela, pour être plus fermes à garder cette parole et être mieux en état d’affronter la mort, ils [les Français] résolurent tous de mettre leurs consciences en bon état, de se confesser, de communier …» (cf.p197).
       « Ils sont résolus de combattre en généreux Français et de mourir en bons chrétiens .Ils s’étaient déjà exercés à l’un et à l’autre l’espace de sept jours, durant lesquels ils n‘avaient fait que combattre et prier Dieu ; car dès que l’ennemi faisait trêve, ils étaient à genoux et sitôt qu’ils [les Iroquois] faisaient mine d’attaquer, ils étaient debout, les armes à la main » (cf.p.88).
       Durant la bataille, « nos Français firent toujours admirer leur résolution, leur vigilance et surtout leur piété, qui leur faisait employer à la prière le peu de temps qu’ils avaient entre chaque attaque de sorte que sitôt qu’ils avaient repoussé l’Iroquois, ils se mettaient à genoux et ne se relevaient que pour le repousser encore. Ainsi pendant les dix jours que dura ce siège, ils n’avaient que deux fonctions : prier et combattre… » (cf.p145).     
       À un certain moment du combat, les Hurons, estimant que la victoire était  impossible, décidèrent d’envoyer une délégation auprès des Iroquois pour en obtenir un arrangement.  « Cela fait, on se met en prières pour recommander à Dieu l’issue de cette ambassade » (cf., p.89).  Le Huron Thaouonhohoui fit alors une pressante prière à haute voix aux « saints et aux bienheureux du paradis … Vous pouvez obtenir notre délivrance du grand Maître de nos vies si vous l’en priez tout de bon » (cf.p.89). Ces gens vivaient leur foi chrétienne.


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Aux moins deux compagnons de Dollard seraient-ils des saints ?
       Par un ou des Hurons qui s’étaient échappés des mains des Iroquois après le combat, nous savons qu’un des Français a été torturé et « jeté au feu » au  Long-Sault même. C’est le Père Le Jeune qui relate ce fait dans sa Relation de 1661. Voici le début du récit qu’il en fait : « Nous avons su, dis-je, que ce Français ne fit pas moins paraître de piété que de constance dans son supplice, ayant toujours accompagné ses tourments de ses prières » (p.178). En 1672, Dollier de Casson rapportera aussi la « patience admirable » de ce martyr (p.209).
       Le second est René Doussin, Sieur de Sainte-Cécile, qui était arrivé en 1653 comme Jean Vallets et huit autres des Dix-Sept. À Montréal, il exerça le métier de meunier et fit partie de la garnison. À quelques reprises, il est passé devant le notaire Basset et, à chaque fois, il signait son nom, ce qui n’était pas fréquent à cette époque. En 1660, il était âgé de trente ans et il était célibataire (comme quinze des Dix-Sept).
       En 1656, il s’est joint volontairement à la périlleuse entreprise des Pères jésuites qui allaient fonder un établissement au lac Gannentaha dans le canton des Onnontagués. « Ce fut là qu’il se mit dans la pratique d’une vertu extraordinaire et d’une rare dévotion,…» (p172). Après la défaite du Long-Sault, il fut l’un des cinq survivants Français à être traînés en Iroquoisie. Là, il fut soumis à des tortures horribles jusqu’à ce que mort s’en suive. « Les bourreaux en furent émerveillés et ne pouvaient assez admirer sa vaillance qui lui fit continuer ses prières aussi longtemps que dura son supplice,… » (p.175).
       Le Huron, qui venait d’être témoin de son supplice, ne put s’empêcher de faire abstraction du terrible sort qui l’attendait lui-même pour laisser s’échapper ce cri du cœur : « Ô Français mille fois heureux ! Tu jouis à présent du bonheur que tu as si justement mérité par la ferveur de tes prières et par la constance qui t’a fait endurer tant de tourments ! Ah ! Que ne suis-je à ta place… ! » (cf. Relation de 1660, p.23).     


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A si les Iroquois avaient été vaincus… !
       Si les Iroquois avaient perdu la bataille, il est certain que les Français et leurs alliés fidèles jusqu’au bout se seraient partagés les fourrures, les canots, etc. des Iroquois. Ce dépouillement des vaincus aurait été tout à fait conforme au droit des gens, car ces belligérants étaient en état de guerre juste. De plus, il n’aurait diminué en rien ni la vaillance ni l’héroïsme des vainqueurs.   
          


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D’où est venue l’idée d’instituer une fête pour Dollard ?
       L’idée de fêter le 250e anniversaire de la bataille du Long-Sault en 1910 est venue du journal Montreal Daily Herald dans son édition du 26 mars 1910. Les Montréalais anglais comme Français furent d’accord.   
            


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L’opinion d’un historien américain.
        Voici le sentiment d’un historien étranger, Thomas B.Costain, qui termine son long récit de treize pages par ces mots :
       « It does not matter whether or not Adam Dollard enlisted his band with a sure knowledge of the fate in store for them and an advance knowledge of Iroquois plans. The important thing is that they did save the colonies. They held the gap long enough, even as Leonidas did at Thermopylae.”  Cf. The White and the Gold. The French Regime in Canada. New York. 1954. p.226.
            


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Les contempteurs de Dollard, de ses compagnons et de ses alliés.
       Les plus virulents ou les plus connus sont William Kingsford (en 1887), Edward Robert Adair (en 1932), Lucien Parizeau (en 1946), Jacques Ferron  (en 1960) et Marcel Trudel ( en 2001).
    Ces gens paraissent avoir un dénominateur commun : ils ne semblent pas croire en l’existence d’une foi chrétienne profonde chez les Dix-Sept de même que chez leurs alliés. Ils semblent même incapables de comprendre que des personnes soient motivées par d’autres intérêts que l’argent, la sensualité, l’égoïsme, etc. Par exemple, ils ne décèlent pas le ressort surnaturel qui a amené le jeune Français, qui a été brûlé à petit feu sur le lieu même du combat du Long-Sault, à faire montre d’une « patience admirable » (p.209), de même que  l’autre, qui a été traîné chez les Onnontagués  et qui pourtant  « ne cessa de prier Dieu » alors même que ses bourreaux lui labouraient la chair avec des fers rougis au feu » (p.175). Le comportement des Dix-Sept et de leurs alliés ne peut donc être adéquatement analysé sans garder à l’esprit leur croyance véritable en l’existence d’une autre réalité que celle du monde naturel.
       Pourquoi cette aversion, parfois viscérale, à l’égard de Dollard ? Pourquoi ce mépris envers ses seize compagnons et envers ceux de ses alliés fidèles qui ont combattu dans des conditions épouvantables durant plus d’une semaine contre un ennemi terrible et vingt-cinq fois plus puissant qu’eux ?

       Ce n’est pas de l’histoire qu’ils font, c’est de la désinformation, de la calomnie.  Le cas le plus typique est peut-être celui de Jacques Ferron, médecin et penseur altruiste. C’est surtout dans des lettres ouvertes envoyées aux journaux qu’il déballe peu à peu son mépris, voire sa haine de Dollard :
1) Le 6 octobre 1951, il le qualifie de « piètre aventurier d’une piètre aventure » (cf. Le Haut-Parleur ).
2) Le 6 avril 1960, il écrit ceci : « Comme par une heureuse coïncidence, une bande de jeunes Français étaient partis de Montréal pour aller voler des pelleteries sur l’Outaouais et s’y étaient fait tuer, comme il arrive souvent aux brigands. On se dit : « Ce sont eux qui ont arrêté l’armée iroquoise !  Voilà l’origine de cette folle légende. » (cf. La Presse).
3) Le 20 mai 1960, en six paragraphes, il expose son argumentation un peu brouillonne où il affirme « qu’enfin l’histoire restait une science conjecturale et qu’on ne pouvait s’en tenir au document ». (cf. Le Devoir).
4) Le 23 février 1962, « Dollard, cette machination de broche à foin » est « un héros machiné ». (cf. Le Nouveau Journal).
5) Le 21 juillet 1971, il qualifie le chef du Long-Sault de « minable Dollard des Ormeaux ». (cf. La Presse).
6) Le 17 février 1975, il n’y va pas par quatre chemins : a )  « …Dollard des Ormeaux, ce héros rescapé par …» ;   b)  « …c’était un bandit; … » ; c)   “…Dollard, l’infâme,…” ; d)   « …bandit raciste …» (cf. Le Jour).
Pour régurgiter tant d’injures sur un homme sans voix, espérons que Jacques Ferron avait au moins l’excuse d’avoir pris connaissance, ne serait-ce qu’une seule fois, des textes du 17e siècle concernant  ce « bandit raciste » ! Pour être équitable, il aurait dû étendre ce verdict à ses seize complices qui l’ont accompagné au Long-Sault, à Lambert Closse, à Charles Le Moyne et à Picoté de Belestre qui auraient voulu être de son parti, à M de Maisonneuve qui a autorisé cette incursion et à M Souart, le curé de la paroisse, qui a apporté aux Dix-Sept les secours de la religion !  
Dans sa lettre du 6 avril 1960, il écrit ces lignes : « Au printemps de 1660, Mgr de Laval et le gouverneur d’Argenson, frais débarqués de France et ne connaissant rien au Canada, prêtèrent foi au délire d’un supplicié iroquois et tinrent Québec en état de siège durant quinze jours. C’était une précaution absolument ridicule. Il n’y eut jamais d’armée iroquoise en marche contre Québec ».

Ces trois phrases (entre autres) de cette lettre exigent quelques observations :
1)  D’abord les deux personnages qui y sont nommés étaient-ils « frais débarqués de France » ? Le premier mit le pied dans le port de Québec le 17 juin 1659 et le second, le 11 juillet 1658 alors que le supplicié iroquois y arriva le 15 mai 1660. Donc, le premier y séjournait depuis presque un an et le second, depuis presque deux ans.

 2)  « et ne connaissant rien au Canada ». Le premier étudia durant dix ans au collège de Laflèche et durant cinq ans au collège de Clermont à Paris. Or ces deux institutions, étant tenues par les Pères Jésuites et visitées par leurs missionnaires du Canada de passage à Paris, mettaient à la dispositions des élèves les Relations des Jésuites qui paraissaient chaque année à Paris. En 1657, ce « prêtre très prudent et supérieur en affaires » apprend qu’on a l’œil sur lui pour être le premier évêque de Québec. Le 3 juin 1658, Rome le choisit : il sera vicaire apostolique en Nouvelle-France. Il prend le bateau à La Rochelle le 13 avril 1659 et en descend à Percé pour y rencontrer les Abénaquis de Gaspé, de Miscou et de Nepigigoüet de même que les pêcheurs bretons et français qui pêchent dans les parages. Quelques jours plus tard, il en repart pour se rendre à Québec où il débarquera le 17 juin 1659. Durant la traversée, de La Rochelle à Percé, il n’a  manqué aucune occasion d’obtenir le plus de renseignements possibles sur le Canada en conversant, entre autres, avec deux compagnons de voyage : un ancien gouverneur intérimaire de la colonie, Charles de Lauson ( fils de l’ancien gouverneur Jean de Lauson ) et un ancien missionnaire, le Père Jérôme Lalemant qui avait déjà vécu en Nouvelle-France durant plus de vingt ans. À son arrivée dans la vallée laurentienne, qui comptait alors environ 2,000 personnes baptisées, Mgr de Laval n’était donc nullement en terre inconnue.
 Le second, le Gouverneur d’Argenson, subit le baptême du feu dès le lendemain de son arrivée. En effet, étant sur le point de se mettre à table pour dîner avec des visiteurs, il entend des cris sous les fenêtres de sa résidence: « Aux armes ! ». Il sort et prend la tête de plus de deux cents hommes qui accourent pour chasser des Iroquois qui avaient blessé trois algonquines (dont deux mortellement) et abandonnèrent deux enfants algonquins qu’ils amenaient avec eux. Le lendemain, à la pointe du jour, il partit durant six heures avec 250 hommes bien armés pour traquer ces chasseurs d’êtres humains. Peine perdue !  Ces terroristes couraient plus vite que des cerfs, disait-on. Cette attaque commise en plein jour, à la porte même de Québec, se peut-il qu’elle ne l’ait pas particulièrement  marqué ?  Pouvait-il l’oublier comme si elle avait été un fait divers? Le même jour, des Hurons lui apportèrent des lettres où il apprit que des envahisseurs iroquois avaient été repoussés vaillamment par les Montréalistes. À ce rythme, lui qui « ne connaissait rien au Canada », il a dû avoir amplement le temps de le connaître suffisamment pour apprécier le danger qui alarmait les Québécois le 15 mai 1660, danger qui avait été révélé d’abord par un « Huron chrétien fugitif » en septembre 1659 (cf. Relation de 1659, p.2) !

3) « prêtèrent foi au délire d’un supplicié iroquois » :  À ce sujet, voici ce qu’écrit le Journal des Jésuites : « Le 15 [mai 1660], retournèrent [revinrent] les guerriers de Tadoussac [les Montagnais] qui avaient surpris un canot d’Iroquois, dont trois étaient demeurés [tués] sur le lieu, un [était] fait prisonnier dont on apprit les nouvelles de l’armée de 9 ou 12 cents ennemis qui s’amassaient à la Roche-Fendue. Ce prisonnier, étant blessé et ne pouvant être conduit en vie à Tadoussac, fut brûlé ici [Québec] le 18 ». Dans ce texte, rien ne prouve que ce blessé a fait sa déclaration durant son supplice. Au contraire, la formulation de la phrase suggère qu’il l’a faite à un moment de l’un des deux jours entre le 15 et le 18 mai. Il faut noter que ce même événement est rapporté par Marie de l’Incarnation qui ajoute qu’il  fut « examiné par le Père Chaumonot ». Par ailleurs, les Montagnais ne torturaient les Iroquois que pour assouvir leur vengeance et les seconds ne suppliaient jamais leurs tortionnaires d‘atténuer leurs souffrances. De plus, dans sa lettre du  25 juin 1660, la même auteure rapporte que les sept Hurons « renégats et iroquoïsés », qui furent brûlés au commencement de juin 1660 pour avoir fait un coup au Petit Cap, « ont confirmé ce que l’autre avait dit ».      

4) « C’était une précaution absolument ridicule ». Voilà qui est facile à dire après coup… et badauds d’applaudir ! Mais dans la vraie vie, celle que tout chef responsable doit gouverner avec prudence, le dirigeant prend les décisions les plus sûres lorsqu’il y va de la vie de ses sujets.     

5)« Il n’y eut jamais d’armée iroquoise en marche contre Québec. » :  a) Alors si c’est véridique, pourquoi, avant le début de la bataille du Long-Sault, un Huron, parlant des cinq éclaireurs qui avaient été vus, a-t-il  pu dire ceci : «…ces Iroquois pouvaient être les avant-coureurs de l’armée qu’on nous avait annoncée devoir venir fondre sur nous » (p.82) ?  b)  si c’est véridique, pourquoi deux Hurons, qui s’étaient échappés après le combat, pouvaient-ils dire aux Français que l’armée devait revenir l’automne suivant (p.125) ? Pour revenir, il faut être venu une première fois ! c) Un indice qui nous fait croire que, en mai 1660, les Iroquois se formaient en un corps d’armée, c’est le suivant : normalement, les chercheurs de fourrures qui revenaient de leurs collectes descendaient l’Outaouais en « petites bandes » (p.76). Or en mai 1660, ils se sont concertés pour former un convoi. N’était-ce pas pour se rendre ainsi aux îles du lac Saint-Pierre où était le point de ralliement des Agniers, des Onneiouts, des Onnontagués et de quelques Tsonnontouans ? 


Réflexion :
      Si le combat du Long-Sault n’avait pas eu lieu en mai 1660, y aurait-il eu des Patriotes en 1837 et en 1838 ?
 
  Vous pouvez écrire à l'auteur par courriel à l'adresse suivante: au.boisvert@sympatico.ca ou par télécopieur au numéro (450) 585-3955.



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(dernière mise en ligne: 30 janvier 2006)